Lesotho : le commandant des forces armées abattu dans son bureau

Par Jeune Afrique avec AFP

Des militaires stationnent devant le quartier général de l'armée à Maseru, lors d'une tentative de coup d'État au Lesotho en août 2014. © AP/SIPA

Le général Khoantle Motsomotso a été abattu mardi dans des circonstances troubles après l’intrusion de deux hauts gradés dans son bureau. Le royaume du Lesotho est régulièrement sujet à des coups d’État de l’armée, très influente dans le pays. La Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) a annoncé l'envoi d'une mission d'enquête dès ce jeudi 7 septembre.

« Le commandant (des forces armées) a été déclaré mort », a affirmé à l’AFP un responsable militaire sous couvert de l’anonymat. D’après cette source, l’incident s’est produit au moment où deux autres officiers supérieurs, le colonel Tefo Hashatsi et le général Bulane Sechele, « ont tenté de pénétrer dans le bureau du chef d’état-major. ».

« Il y a eu une fusillade entre un de leur complice qui a pris la fuite et les gardes du corps du commandant », indique le responsable militaire, qui précise que les deux hauts gradés ont également été abattus.

Une mission d’enquête de la SADC

La Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) a condamné ce mercredi cet « assassinat » qu’elle considère comme « un recul dans les efforts actuels pour le retour de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans le royaume du Lesotho ». La SADC a également annoncé le « déploiement immédiat d’une mission d’enquête ministérielle » qui se rendra au Lesotho dès ce jeudi 7 septembre, qu’elle devrait quitter le 10 septembre.

La mission comprendra notamment des représentants de la « troïka », l’organe de sécurité de la SADC, ainsi que des experts en défense et sécurité.  La mission aura pour mandat de mener une « évaluation de la situation sécuritaire » dans le pays et « d’établir les causes profondes de l’assassinat ».

Coups d’État en série

Cet incident intervient trois mois après les élections qui ont porté au pouvoir le Premier ministre Thomas Thabane. Chassé du pays par l’armée en 2014, suite à un coup d’État manqué, il avait été contraint momentanément à l’exil en Afrique du Sud. Il était brièvement revenu dans son pays en 2015 pour des législatives où il avait été battu par son prédécesseur, Pakathila Moisili. Ce n’est qu’en février dernier qu’il s’y est réinstallé.

Le Lesotho a une longue histoire d’instabilité, illustrée par des coups d’État militaires en 1986 et 1991 et des tentatives de coup, comme en 2014.

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