Tunisie : Haddadi, un Aigle face aux Léopards

Par - à Dijon

Oussama Haddadi, défenseur de Dijon (Ligue 1) et pilier de la sélection nationale tunisienne. © DR

Ancien capitaine du Club Africain, Oussama Haddadi est l'un des rares internationaux tunisiens à évoluer dans un championnat du Top 5 européen. Le défenseur de Dijon (Ligue 1), où il s’est rapidement imposé comme titulaire, a retrouvé en mars dernier la sélection, qui s’apprête à disputer deux matches très importants face à la RD Congo en qualifications pour la Coupe du Monde 2018 (1er et 5 septembre).

Oussama Haddadi va découvrir l’enfer du stade des martyrs à Kinshasa le 5 septembre prochain, parfaitement informé que la RD Congo est quasiment invincible dans son enceinte fétiche. « Eh bien, ce sera l’occasion d’essayer de la battre », s’amuse le latéral tunisien, quelques minutes avant de participer à une séance d’entraînement sous le chaud soleil bourguignon. Mais l’ancien capitaine du Club Africain (25 ans), recruté en janvier dernier par le DFCO, ne se projette pas sur le toujours délicat voyage en RDC.

Le calendrier est là pour lui rappeler que la première manche entre les deux leaders du groupe A (six points chacun après deux journées) a lieu le 1er septembre à Radès, où les Aigles de Carthage ont leurs habitudes. Et Haddadi a fait ses calculs. « Si on prend quatre points lors de ces deux matches, nous auront fait un pas important vers la qualification. Mais la RDC, depuis trois ans, fait partie des meilleures sélections africaines. »

« Maâloul a apporté de la discipline »

Le défenseur de Dijon, formé au Club Africain, a été rappelé en sélection au mois de mars dernier par Nabil Maâloul, le successeur du franco-polonais Henri Kasperczak sur le banc tunisien. « Je pense que la nomination de Maâloul est une bonne chose. Il semble avoir apporté plus de rigueur et de discipline dans le groupe et dans le jeu. C’est sans doute ce qui manquait à notre équipe. »

Par rapport au Maroc ou à l’Algérie, il y a moins de Tunisiens à évoluer dans les meilleurs championnats européens

Rapidement titulaire à Dijon, Haddadi est un des rares internationaux à bénéficier de ce statut dans un championnat européen majeur. Et face à la RDC, il sera avec Ben Youssef (Caen), Srafi (Nice) et son coéquipier dijonnais Sliti à être dans ce cas. « C’est vrai que par rapport au Maroc ou à l’Algérie, il y a moins de Tunisiens à évoluer dans les meilleurs championnats européens. Mais la ligue tunisienne est une des plus relevées d’Afrique. Et en juin, lors du succès face à l’Égypte (1-0), en qualifications pour la CAN 2019, il y a avait une majorité de joueurs locaux. En Tunisie, on sait former de bons footballeurs… »

« Il y a toujours des problèmes financiers au Club Africain »

Le défenseur aurait pu quitter le Maghreb plus tôt si son club ne s’était pas opposé à son départ en Allemagne ou en Turquie. Depuis son arrivée en France, Haddadi, dont le transfert avait traîné en longueur en raison des négociations serrées entre Slim Riahi, le président du Club Africain, et les dirigeants dijonnais, assure avoir beaucoup progressé.

« C’est un championnat plus fort à tous les niveaux. En Tunisie, j’attaquais beaucoup. Ici, on me demande de le faire, mais aussi de ne pas oublier que je suis avant tout un défenseur. Mais je me suis adapté assez rapidement. Il n’y a pas eu la barrière de la langue. La vie est peut-être plus cool en Tunisie », rigole l’international, qui a conservé des liens étroits avec des membres du Club Africain, notamment des joueurs. « D’après ce que je sais, il y a toujours des problèmes financiers là-bas… » À Dijon, Haddadi a franchi un cap supplémentaire. Cela explique en grande partie pourquoi Maâloul a fait de lui une des hommes qui comptent…

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