Liberia : fermeture musclée d’un journal accusé d’ »atteinte à la sécurité de l’État »

Par Jeune Afrique

Le chef de la police du Liberia Chris Massaquoi, dans son bureau, à Monrovia, le 9 mai 2014. © AFP

Un quotidien a été fermé au Liberia et plusieurs de ses journalistes ont été battus et arrêtés par la police, accusés d'avoir diffusé des informations "portant atteinte à la sécurité de l'État", a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

Cette fermeture n’a pas de lien avec l’épidémie de fièvre hémorragique Ebola qui a fait depuis le début de l’année plus de 1 000 morts au Liberia et dans trois autres pays ouest-africains (Guinée, Sierra Leone, Nigeria).

"Des policiers ont effectué dans la nuit de jeudi à vendredi une descente musclée dans les locaux du quotidien privé National Chronicle", ont affirmé à l’AFP des membres de sa rédaction. "Ils ont jeté des bombes lacrymogènes et cassé des portes des locaux du journal", ont-ils ajouté.

Une journaliste "sévèrement battue"

Au moins trois journalistes dont le directeur de la publication Philibert Brown ont été battus et arrêtés, selon les mêmes sources. Les policiers "m’ont sévèrement battue. Ils ont même utilisé leurs chaussures pour me cogner", a expliqué à l’AFP la journaliste Monica Samuels, précisant avoir été blessée sur plusieurs parties du corps.

Des membres du syndicat national des journalistes, venus au secours de leurs confrères, ont affirmé avoir également "été battus par les policiers qui les ont empêchés de prendre des photos". "Le syndicat est déçu et écoeuré par la fermeture illégale du quotidien National Chronicle et l’arrestation de plusieurs journalistes du journal", a indiqué son président Abdullai Kamara, dans un communiqué. Il a dénoncé cette "inacceptable attaque contre la liberté de la presse" et réclamé de la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf la libération des journalistes arrêtés.

"Nous ne regrettons pas ce que nous avons fait. Le National Chronicle restera fermé parce qu’il a publié un article qui porte atteinte à la sécurité de l’État", a déclaré vendredi Sam Collins, porte-parole de la police sur la radio publique.

M. Collins a expliqué que le journal avait, dans son édition de jeudi, écrit qu’"un gouvernement intérimaire se formait aux États-Unis pour remplacer le gouvernement démocratiquement élu de la présidente Ellen Sirleaf. C’est inacceptable".

Mme Sirleaf, première femme chef d’État démocratiquement élue en Afrique, après un premier quinquennat, avait été réélue en 2011 pour un second mandat à la tête du pays.

(Avec AFP)

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