Maroc : deux femmes-mulets meurent piétinées à l’entrée de Ceuta

À Ceuta, les autorités espagnoles ont limité le nombre de porteurs à 4 000 par jour. © YouTube/ Media Ceutaactualidad

Elles ont été prises dans une bousculade ce lundi matin à un passage frontalier. Cet accident porte à quatre le nombre de femmes ayant trouvé la mort dans des incidents similaires depuis début 2017.

Deux femmes sont décédées dans le passage-frontière Tarajal II entre le Maroc et l’enclave espagnole de Ceuta. Le drame s’est produit ce lundi à 6 heures du matin, selon Mohamed Benaissa, président de l’Observatoire du nord des droits de l’Homme (ONDH).

Touria, 35 ans, et Karima, 45 ans, ont été prises dans une de ces bousculades qui se produisent régulièrement dans ce passage, inauguré début 2017. Un couloir long d’environ 500 mètres mais dont la largeur ne dépasse pas les deux mètres. « Son étroitesse fait qu’il ne peut pas résister aux flux importants, surtout en cette période de l’Aid Al Adha (fête du mouton prévue le 1er septembre), où les familles sont en quête de revenus pour satisfaire leurs besoins « , explique-t-il.

Les deux cas de décès de ce lundi portent à quatre le nombre de femmes qui ont perdu la vie sur ce passage frontalier depuis le début de l’année.

Bousculades fatales

Tous les jours, elles traversent la frontière espagnole pour aller s’approvisionner en marchandises de contrebande (tissus, literie, électroménagers…) et les revendre ensuite dans les villes avoisinantes (Fnideq, Tanger, Tétouan…). On les appelle les femmes-mulets en raison des énormes sacs qu’elles portent sur le dos et qui peuvent contenir jusqu’à 70 kilos de matériel. Pour 100 dirhams par jour (10 euros) elles subissent des humiliations quotidiennes, selon les associations de défense des droits de l’homme.

Pour améliorer les flux dans cette région, plaque tournante de l’immigration clandestine et du trafic de drogue, les autorités espagnoles avaient ouvert le passage Tarajal II en février dernier, spécialement dédié au transit des marchandises. Elles ont annoncé une amélioration du contrôle, une plus grande surveillance du poids des colis mais aussi l’établissement d’un quota maximum de 4 000 porteurs par jour. Conséquence : les foules se bousculent tous les jours pour avoir leur ticket d’entrée, provoquant des bousculades parfois fatales.

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