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Cameroun : nouvelle chance de remise en liberté pour les leaders de la contestation anglophone

Vue de Cow Street à Bamenda, le 23 juillet 2007. © rbairdpcam/CC/Flickr

L’avocat Félix Nkongho Agbor et le professeur d'université Fontem Neba vont-ils sortir de prison ? Leurs avocats, qui considèrent leur détention provisoire comme illégale, espèrent obtenir leur remise en liberté ce 29 août devant le tribunal du Mfoundi.

La requête en « habeas corpus » doit être examinée mardi 29 août par le tribunal de grande instance (TGI) du Mfoundi, dont le président a été saisi par les avocats des deux leaders de la contestation anglophone Félix Nkongho Agbor et Fontem Neba. Ceux-ci, Me Claude Assira en tête, considèrent que leur détention provisoire est illégale car n’ayant pas été notifiée dans les règles.

« Ils ont été arrêtés fin janvier et la détention provisoire ne peut pas excéder six mois sans être renouvelée. Or, elle ne l’a pas été en juin », explique Claude Assira. « Nous considérons donc que leur détention est illégale au moins depuis le mois de juin et qu’ils devraient être remis en liberté », ajoute l’avocat, qui compte sur le président du TGI pour ordonner la libération des deux leaders.

Apaisement à quelques jours de la rentrée scolaire ?

La défense des deux accusés a déjà à plusieurs reprises réclamé la libération de ses clients, sans succès. Félix Nkongho Agbor et Fontem Neba, tout comme l’animateur de radio Mancho Bibixy et les autres membres de la contestation anglophone incarcérés restent donc en détention alors que la crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest ne connaît guère d’apaisement.

Les journées villes-mortes se sont ainsi succédé dans les deux régions frondeuses, tandis que la prochaine rentrée des classes laisse craindre une recrudescence des tensions. Fin 2016, ce sont en effet les avocats et les enseignants qui avaient pris la tête de la contestation. « Le gouvernement a la possibilité de lancer un message d’apaisement en libérant Félix Nkongho Agbor et Fontem Neba à quelques jours de la rentrée », estime Claude Assira.