Les forces irakiennes en passe de reconquérir Tal Afar, occupée depuis trois ans par l’EI

Par AFP

Un combattant irakien du Hachd al-Chaabi, unités paramilitaires, fait le "V" de la victoire dans Tal Afar, l'un des derniers bastions du groupe Etat islamique (EI) en Irak, le 25 août 2017. © AFP

Les forces irakiennes sont désormais en passe de reconquérir la ville de Tal Afar, l'un des derniers bastions jihadistes en Irak pilonné depuis des semaines par les avions irakiens et de la coalition internationale anti-EI emmenée par les Etats-Unis.

Les unités du contre-terrorisme (CTS) ont repris le contrôle du centre de la ville, où se trouve la citadelle ottomane. « Ils ont hissé le drapeau irakien sur la citadelle », a affirmé dans un communiqué le général Abdelamir Yarallah, chef des opérations militaires de la bataille de Tal Afar.

Début juillet, les forces irakiennes reprenaient Mossoul, deuxième ville d’Irak et ancien plus gros bastion du groupe Etat islamique (EI) dans le pays, mettant fin, au terme de neuf mois de combats meurtriers, à trois années d’occupation jihadiste.

Le 20 août, les troupes gouvernementales et les unités paramilitaires du Hachd al-Chaabi, appuyées par la coalition internationale, lançaient l’assaut sur Tal Afar, à 70 km à l’ouest de Mossoul (nord).

En moins d’une semaine, elles ont rapidement progressé dans la cité historique où vivaient jusqu’à l’arrivée des jihadistes en 2014 quelque 200.000 habitants. Elles tiennent aujourd’hui « 94% de la ville, soient 27 quartiers sur 29 », notamment son centre et sa citadelle ottomane, selon le Commandement conjoint des opérations (JOC), qui coordonne la lutte anti-EI en Irak.

Plus rapide qu’à Mossoul

« Au début, les jihadistes lançaient des voitures piégées et tiraient des obus de mortier », a indiqué à l’AFP Abbas Radhi, un combattant du Hachd. « Mais maintenant, ils ont surtout des snipers », a-t-il poursuivi, alors que les troupes avançaient rapidement.

Mais les combats se poursuivent, a indiqué le général, notamment pour reprendre al-Ayadieh, localité à 15 km au nord, sur la route reliant Tal Afar à la frontière syrienne.

Sur l’ensemble de la région de Tal Afar, « 1.155 km carrés ont été repris sur 1.655 km carrés, soient 70% de la zone », selon le JOC.

L’offensive sur cette ville, ne cessaient de répéter les commandants militaires au front, serait bien plus rapide que celle de Mossoul et les Irakiens, promettent-ils, pourront fêter la victoire pour ou avant l’Aïd al-Adha, la grande fête musulmane célébrée le 2 septembre en Irak.

Tal Afar n’est ni aussi grande ni aussi symbolique que Mossoul, mais sa reprise est une étape majeure dans l’offensive antijihadistes. Elle rendrait encore plus difficile tout passage d’armes et de jihadistes entre l’Irak et la Syrie, où l’EI est également la cible de multiples assauts.

Cap sur Hawija

Une fois la ville reprise, Bagdad entend lancer l’offensive sur Hawija, à 300 km au nord de Bagdad. L’EI est également toujours présent dans la province occidentale d’Al-Anbar et tient plusieurs zones le long de la frontière syrienne, notamment la région désertique d’Al-Qaïm.

« C’est une période de bascule entre une guerre qui touche à sa fin et le début de la stabilisation et de la reconstruction » de l’Irak, a affirmé samedi à Bagdad le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

« La France a été présente dès le début des combats » contre l’EI, « elle sera aussi présente dans la phase de paix qui s’ouvre désormais », a-t-il souligné, alors que son ministère annonçait un prêt de 430 millions d’euros à l’Irak.

La France, un des principaux contributeurs de la coalition anti-EI, entend poursuivre son soutien militaire pour la reprise des dernières poches jihadistes, Hawija dans le Nord, et des zones frontalières avec la Syrie dans l’Ouest.

« Tant que notre ennemi commun n’aura pas été éradiqué, la participation de la France sera maintenue », a assuré Mme Parly, en référence aux frappes aériennes et tirs d’artillerie français contre l’EI.

Paris veut aussi soutenir la reconstruction de l’Irak, dont le coût est estimé entre 700 et 1.000 milliards de dollars.

Quelque 300 Français ont été tués depuis 2014 en Syrie et en Irak, selon les estimations des autorités françaises.

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