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Nigeria : 5 morts dans une attaque de Boko Haram à Konduga, dans le nord-est

Par Jeune Afrique avec AFP

L'armée nigériane patrouille dans la ville de Banki, au nord-est du Nigeria le 26 avril 2017. © FLORIAN PLAUCHEUR/AFP

Selon des sources locales, cinq personnes ont été tuées dans une embuscade tendue par le groupe jihadiste Boko Haram dans le nord-est du Nigeria dans la nuit de jeudi 24 à vendredi 25 août, quelques jours après des attentats-suicides perpétrés non loin de là par trois femmes kamikazes à l'entrée d'un camp de déplacés, faisant 28 morts.

Un convoi de camions, sous une escorte militaire et de milices civiles en lutte contre Boko Haram, a été attaqué au niveau du village de Meleri, dans le district de Konduga, ciblé à de nombreuses reprises ces dernières semaines.

« Nous avons perdu quatre de nos collègues et le chauffeur de l’un des camions qu’ils escortaient », a expliqué à l’AFP Ibrahim Liman, chef d’une faction des milices civiles. Deux soldats de l’armée nigériane ont également été blessés dans cette attaque, qui a eu lieu à moins de trente kilomètres de Maiduguri, la capitale de l’État du Borno. « Les soldats et les miliciens ont répondu aux tirs des insurgés, mais quatre de nos camarades sont morts et un chauffeur a été tué », a-t-il détaillé.

Les camions transportaient du sable dans la ville de Bama, pour reconstruire la ville, totalement anéantie par huit années de conflit et les invasions successives du groupe jihadiste, a ajouté Musa Ari, un autre membre des milices.

Boko Haram affaibli autour de la région du lac Tchad

Le district de Konduga, point stratégique pour désenclaver le reste de l’État du Borno et la forêt de Sambisa, est encore victime de nombreuses attaques, bien que l’armée ait affirmé avoir délogé les combattants jihadistes de leur base.

Le conflit dans le nord-est du Nigeria semble s’être réorganisé depuis quelques mois. Boko Haram, qui a perdu les grandes villes autour du lac Tchad, mène encore des attaques sporadiques sur les grands axes et les villes stratégiques dans la région, empêchant l’armée et les ONG d’accéder aux populations vulnérables.

Début août, trois vendeurs de bois ont été décapités non loin de là, accusés par les combattants d’être des espions au service des forces de sécurité. La semaine dernière, trois femmes kamikazes avaient perpétré des attentats-suicides à l’entrée d’un camp de déplacés non loin de là, faisant 28 morts et plus de 80 blessés.

Le conflit de Boko Haram, particulièrement meurtrier dans la région du lac Tchad, a fait plus de 20 000 morts et 2,6 millions de déplacés depuis que le groupe extrémiste a pris les armes en 2009. Selon l’ONU, près de deux millions de personnes souffrent de malnutrition aiguë et 6,9 millions ont besoin d’une assistance humanitaire dans le nord-est du Nigeria.