Burundi : selon un rapport, les populations continuent de fuir les exactions des Imbonerakure

Par Jeune Afrique avec AFP

Des Imbonerakure coursent des manifestants de l'opposition, sans en être empêchés par les forces de l'ordre, à Bujumbura le 25 mai 2015. © Berthier Mugiraneza/AP/SIPA

Selon un rapport de l'ONG Irri publié jeudi, les Burundais continuent de fuir leur pays en raison des sévices infligés par les Imbonerakure, la ligue des jeunes du parti au pouvoir que l'ONU qualifie de milice. Ce que conteste Bujumbura.

Selon le rapport de l’Initiative internationale pour les droits des réfugiés (Irri), les meurtres et les disparitions forcées de ceux qui ne seraient pas en faveur du régime continuent d’être perpétrés par les Imbonerakure (« ceux qui voient de loin » en kirundi), la ligue des jeunes du parti au pouvoir qualifiée de milice par l’ONU.

« Les réfugiés ont raconté d’horribles histoires de viols, de torture et de tueries de la part des Imbonerakure et des forces de sécurité burundaises qui ciblent les membres de l’opposition, mais aussi de simples citoyens », a affirmé Thijs Van Laer, responsable à l’Irri. « Si les autorités burundaises souhaitent sérieusement promouvoir le retour des réfugiés, elles doivent maîtriser les Imbonerakure et garantir que les abus commis depuis le début de la crise politique seront punis », a-t-il préconisé.

D’après l’Irri, des témoignages de Burundais arrivés en Ouganda entre mars et juin 2017 remettent en question les affirmations du gouvernement burundais, qui demande aux réfugiés de « regagner la patrie, car la paix et la sécurité ont été retrouvés sur l’ensemble du territoire ». Les autorités burundaises ont récusé ce rapport.

« Le Burundi est en paix », selon Nkurunziza

Le rapport de l’Irri montre que si certaines personnes rentrent au Burundi, le nombre de nouveaux arrivants dans les pays voisins est bien plus important. Le HCR, le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés, affirme ainsi que quelque 86 000 personnes ont fui au Rwanda et que près de 150 personnes y arrivent chaque semaine.

Le président Nkurunziza avait effectué en juillet un rare déplacement en Tanzanie voisin, sa première sortie en dehors du Burundi depuis deux ans, où il avait affirmé qu' »aujourd’hui, le Burundi est en paix », appelant ses « frères et sœurs réfugiés en Tanzanie à rentrer au Burundi ». Selon le HCR, 275 000 Burundais s’y sont réfugiés.

Les violences au Burundi ont déjà fait de 500 à 2 000 morts, selon les sources onusiennes et d’autres ONG, et ont poussé à l’exil plus de 425 000 Burundais. L’ONU a depuis accusé Bujumbura de graves violations des droits et mis en garde contre un risque de génocide.

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