Fermer

Tariqa Karkariya : la confrérie qui choque l’Algérie

Des membres de la confrérie Tariqa Karkariya en septembre 2016. © Capture d'écran Youtube

L'arrivée ces derniers jours de cette confrérie dans l'ouest de l'Algérie a surpris, dans les médias et sur les réseaux sociaux. Retour sur cet épisode qui suscite toujours la controverse.

Sur la toile algérienne, le sujet suscite une vive polémique : une confrérie se réclamant de la pensée soufie et appelée Tariqa Karkariya sillonne l’ouest algérien pour faire ce qu’elle appelle “un pèlerinage”.

Ce groupe d’adeptes arrivés par dizaines, qui se dénomment fuqara (pauvres), reconnaissables à leurs robes en damier et bariolées, est soudainement sorti de l’ombre. Ils ont défilé dans plusieurs villes et se sont rendus au mausolée de Sidi Lakhdar Ben Khelouf, à Mostaganem, une première étape de ce pèlerinage qui devrait les mener jusqu’au mausolée de Ahmed al-Alawiy, dans la même région.

Plus encore, des vidéos mettant en scène un jeune originaire de cette région de l’ouest algérien annonçant fièrement son allégeance au courant de la Karkariya inquiète l’opinion publique. Le jeune homme raconte dans ces vidéos « le miracle » qu’il a vécu lors de sa rencontre avec le cheikh Mohamed Fawzi Al Karkari, grâce à qui il a pu contempler la “lumière de Dieu” et celle du prophète Mahomet. Une allégeance qui a suscité la crainte des plusieurs personnalités religieuses algériennes.

L’association des Oulémas Musulmans a même lancé un appel au ministère des Affaires religieuses afin de le pousser à prendre des mesures concrètes pour parer à la propagation sur le territoire algérien de ce qu’elle qualifie de « secte ».

Qu’est-ce que la Tariqa Karkariya ?

Ce courant est apparu dans les années 90 au Maroc, près de Nador dans le nord du pays. Le cheikh Mohamed Fawzi al Karkari en est le créateur. Son idéologie s’articule autour du rôle central de dernier, qui offre à ses disciples une éducation spirituelle.

Sur son site officiel, la confrérie explique ses préceptes à travers des vidéos. Mohamed Fawzi al Karkari y est également présenté comme un homme dont « les mots, aussi éloquents soient-ils, ne pourraient décrire ne serait-ce qu’un atome de ses caractères et de ses mérites »

Concernant leur tenue vestimentaire, le site explique que ce vêtement incite « le serviteur » à ne plus se soucier de ce que les autres pensent de lui car « il ne voit plus que son seigneur ».

Malgré son fort attachement à la démarche soufie, dont il dit réunir toutes les écoles existantes, ce courant est souvent qualifié par ses détracteurs de secte, ou encore de regroupement de sorciers.

Les algériens, entre humour et indignation

Les médias algériens tentent de trouver des explications à l’apparition de ce phénomène. Certains analystes ont alors avancé à la presse une explication à caractère politique : ils dénoncent une intervention étrangère qui chercherait à briser la paix social en Algérie. Certains accusent même directement le Maroc d’être derrière ce phénomène.

Sur les réseaux sociaux, les algériens n’ont pas manqué de traiter cette affaire avec humour. De nombreux posts tournant en dérision la confrérie ont été largement diffusés sur la toile.

Certains s’étonnent également que cette polémique intervienne au moment où la classe politique algérienne est secouée.