Maroc : manifestations pour dénoncer l’agression sexuelle d’une jeune fille dans un bus

Manifestation à Rabat le 17 mars 2012 pour dénoncer le suicide de Amina Filali, violée par un homme et obligée de l'épouser. © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

Des centaines de Marocains sont spontanément sortis dans la rue pour appeler à la protection des droits des femmes. La classe politique a brillé par son absence.

L’indignation est immense au Maroc après la vidéo accablante montrant une scène de viol collectif dans un bus à Casablanca. Mercredi 23 août, suite à un appel spontané sur Facebook, près de 300 personnes se sont rassemblées sur la place Maréchal, au centre de la métropole, pour dénoncer cet acte d’agression. « Les lois pour les hommes, les viols pour les femmes ! », « L’habit ne fait pas le viol », « La honte doit changer de camp ! », a-t-on pu lire sur les pancartes brandies par les manifestants qui comptaient plusieurs activistes de la société civile mais sans aucun membre du gouvernement ou de la direction d’un parti politique.

D’autres sit-in, de moindre importance, ont eu lieu la même journée dans quelques villes du royaume, dont la capitale Rabat, où près de 200 personnes -essentiellement des femmes- ont manifesté contre la banalisation du harcèlement des femmes, selon l’AFP.

Critiquée pour son silence, la ministre de la Solidarité, de la Famille et du Développement social, Bassima Hakkaoui, a fini par réagir deux jours après la diffusion de la vidéo scandale dimanche 20 août. Sur sa page Facebook, elle a dit regretter « un crime ignoble », mais qui reste « étranger à notre société ». La ministre islamiste a souligné, par ailleurs, son intention d’accélérer l’adoption de la loi sur la lutte contre les violences faites aux femmes, qui est toujours en examen au sein de la deuxième chambre du Parlement.

Dans un pays où les affaires de mœurs sont régulièrement dénoncées et condamnées, la vidéo du viol collectif a été jugée particulièrement accablante. Lundi, la police marocaine a arrêté les six mineurs impliqués dans cette agression qui aurait eu lieu il y a trois mois selon les premiers éléments de l’enquête. Âgés entre 15 et 17 ans, ces jeunes habitent tous à Sidi Bernoussi, un quartier périphérique de Casablanca. De même que la jeune fille qu’ils ont agressée, âgée de 26 ans, et qui souffre, selon la police, de troubles mentaux.

 

 

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