Attentats en Catalogne : la nouvelle une de Charlie Hebdo accusée d’islamophobie sur les réseaux sociaux

Par Jeune Afrique

La couverture polémique de Charlie Hebdo le 23 août 2017. © Charlie Hebdo

Connu entre autres pour ses attaques envers toutes les religions, le journal satirique Charlie Hebdo a publié en couverture mercredi 23 août un dessin provocateur sur les attentats islamistes qui ont endeuillé l’Espagne il y a moins d’une semaine.

Un dessin « qui met de l’huile sur le feu ». Sur les réseaux sociaux, les réactions n’ont pas tardé après la publication de la nouvelle couverture de l’hebdomadaire satirique. En cause : ce dessin, signé Juin, où l’on voit plusieurs cadavres ensanglantés après le passage de la fourgonnette, accompagné de l’inscription « Islam : religion de paix… éternelle ! » Une référence directe aux attentats des 17 et 18 août derniers à Barcelone et à Cambrils qui ont coûté la vie à quinze personnes et blessé plus de 120 autres.

Sur les réseaux sociaux, le dessin est devenu l’un des sujets les plus commentés en France, avec plusieurs milliers de tweets pour soutenir ou dénoncer le journal. « La une de Charlie Hebdo est très bien, a réagi le médecin urgentiste Patrick Pelloux, ancien collaborateur de l’hebdomadaire. C’est le terrorisme islamiste et les radicalismes qu’il faut combattre et pas un journal. »

Le soutien inattendu de l’extrême droite

L’hebdomadaire a également reçu le soutien plus inattendu de certaines personnalités d’extrême droite, à l’image du maire de Béziers Robert Ménard, qui a retweeté la une accompagnée de la mention « La gauche s’incline devant le réel ».

Du côté des détracteurs on dénonce, pêle-mêle, « un amalgame honteux qui favorise le racisme de base », « une autre petite couv de Charlie Hebdo pour inciter à la haine anti-musulman.ne.s », ou un journal qui « ne loupe jamais une occasion de se moquer des 99,9999999 % de musulmans qui ne commettent aucun attentat ».

« S’interroger sur le rôle de l’islam dans ces attentats »

Dans son éditorial, le directeur de Charlie Hebdo, Riss, regrette l’absence depuis le 7 janvier 2015, date de l’attentat qui a tué plusieurs membres de la rédaction du journal, « de débats et d’interrogations sur le rôle de la religion, et plus particulièrement de l’islam, dans ces attentats ».

« Aujourd’hui, plus personne ne s’interroge sur le rôle de l’islam dans l’idéologie de Daech, ajoute-t-il. Le bourrage de crâne a réussi à nous faire admettre que le ‘fait religieux’ ne doit pas être discuté. »

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