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Fraude : un groupe chinois exclu de tous les projets financés par la BAD pendant 1 an minimum

Le siège de la BAD à Abidjan, en janvier 2014. © Emilie Regnier pour JA

La Banque africaine de développement a annoncé, dans un communiqué publié mardi 21 août, l'exclusion du groupe chinois Chongqing International Construction Corporation (CICO), de "toute éligibilité à ses financements pour une période minimale de douze mois", à la suite de la découverte de pratiques frauduleuses par le Bureau de l’intégrité et de la lutte contre la corruption de la banque.

L’exclusion du groupe Chongqing International Construction Corporation (CICO) de tous les financements de la BAD pour douze mois minimum fait suite à une enquête menée par le Bureau de l’intégrité et de la lutte contre la corruption de l’institution panafricaine, qui a révélé que l’entreprise chinoise s’était engagée « dans une pratique frauduleuse dans le cadre d’un appel d’offres en vue de l’attribution d’un marché financé par la BAD en Ouganda ».

L’appel d’offres, qui date de 2013, concernait des marchés de travaux dans le cadre du Projet d’appui au secteur routier. Il demandait aux soumissionnaires de fournir des références de projets similaires réalisés au cours des cinq années précédentes. Or, « pour répondre à cette exigence, CICO a exagéré la portée de ses contrats de référence » fustige la BAD.

Sinohydro déjà épinglée

Dans le détail, l’entreprise « a fait passer un projet routier de 4,4 kilomètres pour un tronçon de 68 kilomètres. Elle a également exagéré la valeur de ses contrats de référence : un autre contrat d’environ 17, 5 millions de dollar fut présenté comme étant d’une valeur d’environ 79 millions de dollars » peut-on lire dans le communiqué.

La BAD précise que l’inéligibilité de CICO à ses financements pourra être levée après 12 mois, « sous réserve que l’entreprise adopte et mette en œuvre un programme de conformité qui répond aux normes exigées par la BAD ».

Une autre entreprise chinoise, Sinohydro Corporation, avait déjà été épinglée par bureau de l’intégrité et de la lutte contre la corruption, pour avoir fourni des références de projets non-achevés dans son dossier d’appel d’offres dans le cadre du même projet d’appui routier, en Ouganda. La BAD avait annoncé, en juin dernier, avoir signé un accord avec l’entreprise, portant sur sa non-exclusion conditionnelle de 36 mois des projets de l’institution panafricaine, sous réserve d’un renforcement du programme de conformité de l’entreprise.