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Nigeria : le président Buhari annule le Conseil des ministres sur fond d’inquiétudes sur son état de santé

Par Jeune Afrique avec AFP

Le président nigérian Muhammadu Buhari lors d'une allocution à la Nation depuis le palais présidentiel d'Abuja, le 21 août 2017. © Bayo Omoboriowo/AP/SIPA

Le président nigérian Muhammadu Buhari a annulé mercredi la tenue du conseil hebdomadaire des ministres. Ce devait être son premier rendez-vous avec le gouvernement depuis son retour au Nigeria, après un "congé maladie" de plus de trois mois à Londres.

« La réunion du Conseil Fédéral de l’Exécutif n’aura pas lieu aujourd’hui », note la présidence dans un court communiqué, ajoutant que Muhammadu Buhari recevra à la place un rapport sur une enquête menée pour corruption.

Le président, qui a repris officiellement ses fonctions lundi, après avoir délégué ses pouvoirs à son vice-président, Yemi Osinbajo, pendant plus de 100 jours, a travaillé « depuis la maison », selon ses proches.

Prolifération de « rongeurs » dans son bureau

Évitant d’évoquer son état de santé fragile, le porte-parole de la présidence Garba Shehu a expliqué à l’AFP que Muhammadu Buhari ne pouvait se rendre à son bureau à cause d’une invasion de « rongeurs » pendant son absence.

Le chef de l’État a toutefois reçu mardi les responsables de la sécurité, leur donnant l’ordre de s’occuper des violences ethniques et sécessionnistes qui s’aggravent à travers le pays.

Le président de 74 ans a été absent du Nigeria deux fois cette année (entre janvier et mars, puis entre mai et août), à chaque fois pour suivre à Londres un traitement médical dont on ignore la nature. Avant son second départ du Nigeria le 7 mai, il avait déjà travaillé de chez lui, où il se faisait communiquer les documents officiels, et il avait manqué les conseils des ministres pendant un mois.

« Un ralentissement de la gouvernance au Nigeria »

Pour les analystes politiques, cette nouvelle annulation est une indication que l’ancien général n’a pas une santé suffisante pour assurer la présidence. « Cette dernière annulation signifie qu’il n’est pas en totale capacité physique de diriger le pays, a noté l’un d’eux, Chris Ngwodo. Je prédis un ralentissement de la gouvernance au Nigeria. Et ce n’est pas de bon augure, particulièrement dans cette période cruciale. »