Égypte : les États-Unis annulent 95,7 millions de dollars d’aide et gèlent le versement de 195 millions supplémentaires

Par Jeune Afrique

La police égyptienne au Caire en 2011. © AP/SIPA

Les États-Unis ont décidé d'annuler une aide de 95,7 millions de dollars à l'Égypte et d'en suspendre une autre de 195 millions. En cause, le manque de progrès enregistrés par le gouvernement du président Abdel Fattah al Sissi en matière de respect des droits de l'homme et des normes démocratiques, rapporte Reuters.

Cette décision s’explique notamment par une nouvelle loi, entrée en vigueur en mai et approuvée par le président égyptien, qui restreint l’activité des ONG aux seuls domaines du développement et du travail social et qui prévoit jusqu’à 5 ans d’emprisonnement pour les réfractaires. Les groupes de défense des droits de l’homme estiment que cette loi va entraver leur travail et le fonctionnement des organismes de bienfaisance. Ils craignent aussi qu’elle soit utilisée pour traquer les opposants politiques.

Selon les législateurs égyptiens, les lois sur les ONG sont nécessaires pour protéger les intérêts nationaux. Le gouvernement égyptien a accusé à plusieurs reprises les groupes de défense des droits de l’homme de percevoir des fonds de l’étranger pour répandre le chaos.

Sur les 95,7 millions de dollars d’aide retirés, 65,7 millions de dollars étaient destinés au Foreign Military Financing funds (un programme d’aide militaire) et 30 millions de dollars au Economic Support funds, un programme d’aide économique. Selon Reuters, l’administration américaine a décidé de ré-allouer cet argent à d’autres pays, sans préciser lesquels.

Suspension de 195 millions de dollars d’aide militaire

L’administration américaine a également décidé de suspendre 195 millions de dollars d’aide prévue pour l’année fiscale 2016 dans le cadre du même Foreign Military Financing funds pour l’Égypte. Cette somme, versée sur un compte, ne sera débloquée qu’à condition que l’Égypte fasse des efforts pour améliorer la situation des droits de l’homme et de la démocratie.

Selon la réglementation américaine, l’administration est tenue de suspendre 15% des 1,3 milliards de dollars d’aide militaire annuelle allouée à l’Égypte – soit 195 millions de dollars – si elle ne peut pas certifier les progrès du Caire dans le domaine des droits de l’homme et de la démocratie. L’administration peut cependant émettre une dérogation à cette règle au titre de la sécurité nationale.

 

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