Afrique du Sud : des activistes vont contester l’immunité diplomatique de Grace Mugabe

Par Jeune Afrique avec AFP

La première dame du Zimbabwe, Grace Mugabe, lors d'un meeting en juillet 2017. © Tsvangirayi Mukwazhi/AP/SIPA

AfriForum, un groupe d'activistes sud-africains pour les droits de l'homme, va saisir la justice pour obtenir l'annulation de l'immunité diplomatique accordée à la première dame du Zimbabwe, Grace Mugabe, soupçonnée d'agression sur une jeune mannequin dans un hôtel de Johannesburg.

L’affaire Grace Mugabe ne semble visiblement pas close. Après que l’Afrique du Sud a accordé l’immunité diplomatique à la première dame du Zimbabwe et que cette dernière soit retournée à Harare le 20 août, malgré une plainte pour agression à son encontre, AfriForum, une organisation non gouvernementale sud-africaine de défense des droits civiques, promet de saisir la justice.

« Nous allons demander à la Cour de dire que la décision d’accorder l’immunité diplomatique est illégale car selon notre législation, l’immunité diplomatique ne peut pas s’appliquer en cas de crime grave, et la violence en fait partie », a déclaré à l’AFP le chef d’AfriForum, Kallie Kriel.

Afriforum qui défend la mannequin de 20 ans Gabriella Engels qui avait porté plainte pour agression violente contre Grace Mugabe, a dénoncé la « culture de l’impunité » de la part de « dirigeants corrompus qui se protègent mutuellement ». La chef de la diplomatie sud-africaine, Maite Nkoana-Mashabane, « avait décidé que l’immunité diplomatique était justifiée dans ce cas particulier ». Mais AfriForum ne décolère pas. « Nous estimons que l’immunité diplomatique n’aurait pas du être accordée », a scandé Kallie Kriel.

Grace Mugabe fera-t-elle encore son shopping à Johannesburg ?

Afriforum entend désormais saisir la justice grâce à un ténor du barreau sud-africain : Gerrie Nel. Celui-ci s’est fait connaître mondialement à l’occasion de l’affaire Oscar Pistorius. Alors procureur, il avait obtenu en 2015 la condamnation pour meurtre du champion paralympique.

Si cette action en justice échoue, Kallie Kriel espère au moins que Mme Mugabe ne se rendra plus en Afrique du Sud. « Elle adore faire du shopping à Sandton à Johannesburg, ce serait un pas positif si elle pouvait ne plus jamais revenir », a ajouté Kellie Kriel, soulignant que la priorité était désormais que Mme Mugabe soit poursuivie par la justice.

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