Sommet régional à Pretoria éclipsé par les déboires de Grace Mugabe, absente

Par AFP

Robert Mugabe embrasse sa femme, Grace, le 18 avril 2017 à Harare. © AFP

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a participé samedi à Pretoria à un sommet régional, mais son épouse Grace, qui y était attendue après avoir requis l'immunité diplomatique à l'Afrique du Sud pour échapper à des poursuites dans une affaire d'agression, n'était pas visible.

Plusieurs premières dames ont assisté samedi à l’ouverture du sommet des chefs d’Etat de la Communauté de développement économique d’Afrique australe (SADC). Des fauteuils leur étaient réservés au pied de l’estrade où se sont exprimés plusieurs chefs d’Etat.

Grace Mugabe ne s’est cependant pas présentée, tandis que son mari siégeait, en costume sombre relevé d’une écharpe beige, parmi les huit dirigeants des 15 pays de la SADC qui avaient fait le déplacement au sommet, a constaté une journaliste de l’AFP.

La très influente épouse du président zimbabwéen Robert Mugabe n’a pas été vue en public depuis qu’elle est soupçonnée de s’en être violemment prise à une jeune mannequin, le 13 août, dans un hôtel de Johannesburg.

La police sud-africaine avait indiqué que Grace Mugabe était attendue au sommet, qui se tient samedi et dimanche au centre de conférence du ministère des Affaires étrangères à Pretoria.

Mais ni le ministère ni la police n’était en mesure d’indiquer où se trouvait Grace Mugabe samedi.

« L’enquête policière est terminée. Nous attendons désormais de savoir si sa demande d’immunité diplomatique lui a été accordée ou non », a simplement déclaré un porte-parole de la police, Vishnu Naidoo, interrogé par l’AFP.

Grace Mugabe a requis ce privilège après avoir été visée par une plainte pour coups et blessures. Une top model de 20 ans, Gabriella Engels, l’accuse de l’avoir violentée dans des circonstances encore floues.

Vols annulés

Cette affaire représente un casse-tête pour le gouvernement sud-africain, qui entretient des liens politiques et économiques étroits avec son voisin zimbabwéen.

Les avocats de Gabriella Engels ont d’ores et déjà prévenu qu’ils envisageraient de saisir la justice, dans le cadre d’une procédure d’urgence, si jamais l’immunité diplomatique était accordée à la première dame.

La police sud-africaine est « en alerte rouge » pour éviter qu’elle ne quitte le pays, a assuré le ministre sud-africain de la Police, Fikile Mbalula.

Parallèlement à cette affaire, deux avions – l’un appartenant à Air Zimbabwe, la compagnie qu’utilise régulièrement le président Mugabe, et l’autre de South African Airways (SAA) – se sont vu interdire de voler au départ de Johannesburg et Harare.

Le premier vol n’a pas pu décoller vendredi soir de l’aéroport international de Johannesburg, pour des raisons administratives. Il ne possédait pas de « permis international pour opérer », selon l’aviation civile sud-africaine contactée par l’AFP.

Le même argument a été avancé auprès de SAA: son vol SA025, censé quitter Harare samedi à 07H00 (05H00 GMT), a été retenu au sol, avant d’être annulé.

« En plus de 20 ans d’opérations au Zimbabwe, c’est la première fois qu’on nous demande ce document », a affirmé à l’AFP le porte-parole de SAA, Tlali Tlali.

Il n’était pas possible dans l’immédiat de faire un lien éventuel entre ces problèmes de vols et les déboires de Grace Mugabe.

Harare n’a fait jusqu’à présent aucun commentaire sur le mini scandale visant la première dame, mais Robert Mugabe est arrivé dès mercredi en Afrique du Sud, soit trois jours avant le début du sommet. Mardi, son épouse devait se présenter au commissariat à Johannesburg, avant finalement d’y renoncer.

Cette affaire entache un peu plus l’image déjà très controversée de Grace Mugabe, présidente de la Ligue des femmes du parti au pouvoir, la Zanu-PF, et pressentie pour éventuellement succéder à son mari, âgé de 93 ans.

Mariée au président zimbabwéen depuis 1996, elle est régulièrement épinglée pour son goût du luxe – qui lui vaut le surnom de « Gucci Grace » – mais aussi pour ses coups de colère.

En 2009, un photographe britannique l’avait accusée de l’avoir frappé à plusieurs reprises au visage à Hong Kong. Elle avait pu rentrer au Zimbabwe sans être inquiétée par la justice.

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