Afrique du Sud – Zimbabwe : ce que l’on sait de l’affaire Grace Mugabe

La première dame du Zimbabwe, Grace Mugabe, lors d'un meeting en juillet 2017. © Tsvangirayi Mukwazhi/AP/SIPA

Le dimanche 13 août au soir, la Première dame du Zimbabwe aurait agressé une bande d’amis dans une chambre d’hôtel en Afrique du Sud. Résultat : une plainte pour agression a été déposée par l’une des présumées victimes. Retour sur les faits.

« Nous l’avons suppliée d’arrêter ». Ce sont les mots du mannequin sud-africain Gabriella Engels qui, lundi 14 août, a porté plainte contre Grace Mugabe pour agression auprès des autorités sud-africaines. La veille au soir, vers 21 heures, la jeune femme de 20 ans se trouvait dans une chambre d’un hôtel-appartement du quartier huppé de Sandton à Johannesburg, quand la Première dame du Zimbabwe a fait irruption.

Elle aurait frappé la jeune femme au visage avec la prise d’une rallonge électrique, l’accusant de faire la bringue avec ses fils. Le mannequin n’a pas hésité à partager des photos de ses blessures sur les réseaux sociaux. « J’étais dans une chambre d’hôtel à me détendre avec des amis. Grace Mugabe et ses deux fils (Bellarmine Chatunga et Robert Junior) étaient dans la chambre d’à côté », a-t-elle raconté sur les ondes de l’antenne sud-africaine East Coast Radio. Selon elle, les deux fils se seraient enfuis tandis que Grace Mugabe l’agressait, elle et ses deux amies, sous les yeux d’une dizaine de gardes du corps.

Photo de Gabriella Engels fournie par Debbie Engels à l'agence AP et prise le 14 août 2017. Le mannequin de 20 ans accuse Grace Mugabe de l'avoir agressée. © Debbie Engels/AP/SIPA

Le mannequin a par la suite expliqué sur les réseaux sociaux n’avoir aucun lien particulier avec les fils Mugabe. De quoi jeter la confusion sur les tenants de l’altercation qu’elle dénonce.

Le ministre sud-africain de la Police, Fikile Mbalula, a indiqué mardi 15 août qu’une enquête pour coups et blessures impliquant la Première dame de 52 ans avait été ouverte. « Elle devra se présenter au tribunal ce jour pour répondre des faits », a-t-il ajouté en précisant que même les détenteurs d’un passeport diplomatique devaient répondre de leurs actes.

Immunité diplomatique pour Grace Mugabe

Toutefois, ce mercredi 16 août, Grace Mugabe n’a toujours pas été confrontée aux autorités sud-africaines. Pis, elle aurait purement et simplement accéléré son retour au Zimbabwe. La police de Sandton se refuse à confirmer l’information mais une source gouvernementale zimbabwéenne anonyme affirme que la Première dame a bel et bien fait son retour au pays. De surcroît, cette source rapporte que Grace Mugabe clame que les accusations portées contre elle sont la résultante d’un complot médiatique.

Cette affaire pourrait-elle jeter un froid sur les relations diplomatiques entre l’Afrique du Sud et le Zimbabwe ? Rien n’est moins sûr… Clayson Monyela, porte-parole du ministère des Affaires Étrangères sud-africain a déclaré que le gouvernement n’avait pas à intervenir dans la mesure où la visite de Grace Mugabe en Afrique du Sud était d’ordre privé. Qui plus est, le Zimbabwe a requis l’immunité diplomatique pour la Première dame.

Sizakele Nkosi-Malobane, la ministre de la Sécurité pour la province du Gauteng (qui englobe Johannesburg), a toutefois insisté sur la nécessité de porter l’affaire devant les tribunaux à l’antenne de la radio Jacaranda FM. « Nous espérons que tout cela enverra un message fort à ces leaders qui abusent de leurs pouvoirs et agressent des personnes innocentes dans notre pays ». Dans tous les cas,  Robert Mugabe est attendu à Pretoria dans le cadre du 37ème sommet de la Communauté de développement des pays d’Afrique australe qui se tiendra les 19 et 20 août prochains. Grace Mugabe sera-t-elle présente à ses côtés?

Une Première dame coutumière du fait

Au Zimbabwe, où personne ne semble s’étonner de cet acte de violence de la part de Grace Mugabe, c’est l’opposition qui appelle à l’arrestation de la Première dame. « On ne peut pas tabasser une jeune fille seulement parce qu’elle sort avec son fils », a clamé le leader du Parti communiste zimbabwéen, Nqabutho Mabhena, interrogé par le quotidien sud-africain Mail & Guardian.

Ce n’est pas la première fois que Grace Mugabe est impliquée dans une affaire de violences. En 2009, elle aurait frappé un photographe britannique à Hong-Kong. Quant aux fils Mugabe, Robert Junior, 25 ans, et son frère Bellarmine Chatunga, 21 ans, on ne compte plus le nombre de fois où ils se sont retrouvés mêlés à des affaires défrayant la chronique en Afrique du Sud. Depuis leur arrivée dans le pays, leurs frasques sont régulièrement rapportées par les gazettes. En juillet dernier, ils ont été expulsés d’un luxueux appartement de Sandton après moult plaintes du voisinage. En cause : des fêtes à tout va incluant alcool, drogues et jolies filles…

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