Burkina : les habitants de Ouagadougou sous le choc après l’attaque du café Aziz Istanbul

Un officier de police burkinabè devant l'hôtel Splendid à Ouagadougou au Burkina Faso, le 17 janvier 2016. © Sunday Alamba/AP/SIPA

L'attaque qui a visé le café-restaurant Aziz Istanbul, à Ouagadougou, dans la nuit du dimanche 13 au lundi 14 août a plongé la capitale burkinabè dans une "tristesse totale". Nous sommes allés à leur rencontre au lendemain du drame qui a fait 18 morts.

Après une longue nuit d’affrontement entre les forces spéciales burkinabè et les hommes armés ayant attaqué le café-restaurant Aziz Istanbul, en plein centre-ville de Ouagadougou, la capitale burkinabè s’est réveillée ce lundi sous le choc. Le bilan officiel communiqué par le gouvernement fait état de 18 victimes. On compte aussi une vingtaine de blessés. Selon nos information, trois gendarmes des forces spéciales ayant mené l’assaut ont également été blessés.

Alors qu’un impressionnant cordon sécuritaire quadrille la zone pour faciliter les investigations de la police judiciaire, dépêchée sur place, quelques badauds, massés aux alentours, observaient la scène, visiblement choqués par le drame. Vingt mois après l’attaque du Cappuccino, qui avait fait 30 morts, Ouagadougou est à nouveau la cible d’attaque terroriste, du moins selon les termes de Rémi Dandjinou, le porte-parole du gouvernement.

C’est la tristesse totale, on ne sait pas où va le Burkina

Vigile près des lieux de l’attaque, Rodrigue Yameogo témoigne : « Quand les tirs ont retenti, je suis allé me cacher derrière notre boutique. De là, je voyais les balles sortir du restaurant. »De son côté, Abdoulaye Cissé, 37 ans, se dit « choqué par l’horreur de ce qui s’est passé à Aziz Istanbul ». Discutant avec ses camarades devant la scène de l’attaque, Omer Bere, un entrepreneur de 35 ans ne peut retenir sa colère : « C’est la tristesse totale, on ne sait pas où va le Burkina. Chaque fois, on vient tuer nos frères. » Et d’ajouter d’un amer : « Ce sont deux restaurants prisés des Burkinabè qui ont été visés… »

À côté de lui, Ouangrawa Bassirou réplique : « En tant que Burkinabè, nous ne sommes pas fier de ces attaques. Nous sommes touchés en plein cœur ». Non loin de lui, Chérif Ousmane dénonce carrément : « Les djihadistes sont calés parmi nous. C’est ici qu’il faut sécuriser. »

Les tirs ont semé la panique, les gens couraient partout

Plusieurs témoins interrogé par Jeune Afrique racontent que les terroristes sont arrivés à bord d’un véhicule. Abdoulaye Cissé, est l’un d’entre eux. Ce vendeur d’objets d’art évoque une nuit effroyable. « Hier, vers 21 h 30, j’étais assis au niveau de la Résidence Aziz [un immeuble en face du café attaqué] quand un véhicule de type 4×4 s’est arrêté devant le café. J’ai vu trois personnes en descendre. Ils ont ouvert le feu sur les clients assis à la terrasse du café. Les tirs ont semé la panique, les gens couraient partout. Après 20 minutes, la sécurité est arrivée et on a nous repoussés », se souvient-il.