Gabon : le syndicat national des employés du pétrole porte plainte auprès de l’OIT

Le secrétaire général de l'OIT Guy Ryder le 9 juin 2014 au siège de l'organisation onusienne à Genève. © Jean-christophe Bott/AP/SIPA

Mi-juillet, alerté par une plainte de l'Organisation nationale des employés du pétrole (Onep), l'OIT a demandé des explications aux autorités gabonaises taxées par l'organisation syndicale d' "atteintes à la liberté syndicale". Le Comité de la liberté syndicale de l'OIT pourrait se saisir du dossier lors de sa prochaine réunion de novembre.

Dans une « plainte » datée du 29 mai que Jeune Afrique a consulté, l’Organisation nationale des employés du pétrole (Onep) attaque l’État du Gabon auprès de l’Organisation internationale du travail (OIT). L’organisation syndicale, qui revendique 5 000 salariés membres dans le secteur pétrolier gabonais, estime que l’État a porté atteinte aux libertés syndicales.

Le syndicat pense avoir été indûment évincé d’une procédure de négociation collective initiée en mars 2017 au sein du groupe pétrolier Maurel et Prom, pour mettre un terme à une série de grèves depuis le mois d’octobre 2016, dans un contexte social tendu du fait de l’élection présidentielle de septembre dernier et de la revente de l’entreprise française au groupe indonésien Pertamina.

Dans cette plainte, le syndicat demande à l’OIT de « rappeler à l’ordre le gouvernement gabonais », de « dissuader le gouvernement dans sa volonté d’exclure l’Onep de négociations collectives » et « d’instaurer dans la loi des recours et des sanctions suffisamment dissuasives contre les actes d’ingérence des employeurs et des pouvoirs publics à l’égard des organisations de travailleurs ».

Des explications demandées aux autorités gabonaises

Une plainte dont le Comité de la liberté syndicale, chargé au sein de l’OIT d’apporter des recommandations contre d’éventuelles violations de cette liberté, a accusé bonne réception dans un courrier daté du 13 juillet, indiquant l’avoir transmis aux autorités gabonaises pour obtenir ses « observations ».

« Il faut que le Comité de la liberté syndicale choisisse de mettre ce cas à l’ordre du jour. Puis, si c’est le cas, il pourra émettre des recommandations dont il assurera le suivi auprès de l’État. Dans certains cas, des missions de l’OIT peuvent être dépêchées », explique un porte-parole de l’agence onusienne. C’est en novembre que le Comité de la liberté syndicale tiendra sa prochaine réunion.

Sollicité, Maurel et Prom au Gabon n’a pas souhaité commenter cette information. Le groupe français note dans son dernier rapport annuel qu’ « un processus de reconstruction du dialogue social est mis en place au sein de Maurel & Prom Gabon, afin de recréer une dynamique à la suite de la grève ».