Burkina : les salaires des fonctionnaires bientôt versés exclusivement par virement bancaire

Vue aérienne de Ouagadougou, en 2010. © Renaud VAN DER MEEREN/EDJ

Cette bancarisation remplace le paiement au numéraire, ou système du "billetage", utilisé depuis 2015 pour le versement des traitements des fonctionnaires.

À partir d’octobre 2017, tous les salaires des agents de la fonction publique du Burkina Faso seront versés exclusivement par virement bancaire. C’est ce qu’a annoncé le ministère de l’Économie et des Finances dans un communiqué paru le 17 juillet dernier. Le ministère précise que ce changement intervient dans le cadre de la « sécurisation des paiements effectués par l’État ».

Les agents de la Fonction publique sont appelés à « transmettre à la direction des soldes ou aux directions générales du budget leurs références de domiciliation afin de permettre la mise à jour de leurs adresses bancaires d’ici septembre 2017″, ajoute le communiqué. Faute de quoi, les mandats ne pourront pas être versés car  » le mandatement du premier salaire sera conditionné à la production préalable d’un dossier de domiciliation de salaire », conclut le communiqué.

Lutte contre les fonctionnaires fictifs

Par le biais de cette bancarisation, le Burkina Faso espère lutter contre la présence de fonctionnaires fictifs dans son administration. Ce phénomène d’emploi fictif a coûté aux caisses de l’État 2,7 milliards de F CFA en 2015.

Pour parer à ce phénomène, le Burkina Faso a déjà mis en place en 2015 le système de rémunération au numéraire ou système de « billetage », qui consiste à faire venir chaque agent de la fonction publique devant une commission pour percevoir son salaire du mois sur présentation de certains documents administratifs qui attestent de sa régularité.

Toujours dans le soucis d’assainir ses finances publiques et de lutter contre les dépenses superflues, la Burkina Faso a procédé en 2014 à l’enrôlement biométrique des agents de la fonction publique. Cet enrôlement a permis de découvrir et de traquer des fonctionnaires à double ou plusieurs matricules.

Un fléau régional

A l’instar du Burkina Faso, plusieurs pays africains luttent contre le phénomène des fonctionnaires fictifs. Ainsi, depuis 5 ans ont été débusqués environ 3 000 fonctionnaires ivoiriens fictifs, 4 909 agents congolais virtuels, 8 499 fraudeurs tchadiens au budget de la fonction publique et près de 5 000 agents guinéens fantômes. En 2010, l’État camerounais détectait pas moins de 15 000 agents fictifs.

Selon les chiffres de l’institut burkinabé de la Statistique et de la démographie, le Burkina Faso compte en 2016, 154 819 agents de la fonction publique dans les différents ministères de l’État.

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