Kenya : le président Uhuru Kenyatta appelle au calme à la veille des élections

Par Jeune Afrique avec AFP

Dans un bureau de vote à Nairobi au Kenya, le 7 août 2017. © Jerome Delay/AP/SIPA

Le président kényan Uhuru Kenyatta a appelé à la paix lundi, à la veille d'une élection présidentielle qui s'annonce tendue et serrée, et au cours de laquelle il briguera un deuxième mandat face au chef de l'opposition Raila Odinga.

Uhuru Kenyatta s’est adressé à la nation ce lundi 7 août, dans un message retransmis à la télévision, au terme d’une campagne au ton acrimonieux. Ces derniers jours ont notamment été marqués par l’assassinat d’un responsable informatique de la commission électorale, et par de nouvelles accusations de fraude de la part de l’opposition.

« Après avoir voté, rentrez chez vous »

Uhuru Kenyatta a appelé les Kényans à se déplacer en grand nombre mardi 8 août pour voter. « Mais je vous en prie, lorsque nous le ferons, faisons-le en paix. Après avoir voté, s’il vous plaît, rentrez chez vous. Retournez auprès de vos voisins. Peu importe d’où il ou elle vient, sa tribu, sa couleur ou sa religion, votre voisin est votre frère, votre voisine est votre sœur. »

Son principal adversaire Raila Odinga, déjà trois fois candidat malheureux à la présidentielle, a lui aussi appelé les électeurs à se présenter en grand nombre, et a félicité Uhuru Kenyatta pour « une campagne juste qui l’a emmené aux quatre coins du pays ».

« Que le plus fort gagne »

S’adressant à la presse au terme d’une rencontre avec des observateurs électoraux de l’Union européenne, il a également assuré que le déploiement de plus de 150 000 membres des forces de sécurité avait pour but d’intimider les électeurs. « Que le plus fort gagne », a-t-il conclu.

Quelque 19,6 millions de Kényans vont élire mardi leurs président, gouverneurs, députés, sénateurs, élus locaux et représentantes des femmes à l’assemblée. Ces élections interviennent 10 ans après celles de 2007, marquées par des violences, les pires de l’histoire du pays (1 100 morts), alimentées par des contestations du résultat.

L’élection présidentielle est une réédition du duel de 2013 entre Kenyatta et Odinga. Elle avait donné lieu à une campagne agressive lors de laquelle les invectives l’ont souvent emporté sur les propositions.