Finance : l’agence de notation Fitch s’inquiète de l’endettement de la BAD

Le siège de la BAD à Abidjan, en janvier 2014. © Emilie Regnier pour JA

Le 4 août dernier, l'agence de notation Fitch Ratings s'est inquiétée du rythme d'endettement croissant de la Banque africaine de développement (BAD), envisageant même un temps de passer sa perspective de notation sur la banque de "stable" à "négative". Ce qu'elle n'a finalement pas fait à l'aune de garanties nouvelles apportées par le management de la banque.

Dans une note datée du vendredi 4 août, l’agence de notation Fitch Ratings a certes conservé à la Banque africaine de développement son AAA, plus haut niveau dans l’échelle de notation financière de l’agence, tout en tirant la sonnette d’alarme sur la dette. « La dette nette [de la BAD] ne sera plus couverte par les capitaux de ses actionnaires notés AAA à compter de 2019, à moins qu’intervienne une augmentation de capital ou que les prêts ne soient revus à la baisse », écrit ainsi l’agence dans cette note.

« La BAD jouit d’un soutien solide de ses 80 États membres, qui incluent 26 États hors Afrique dotés de notations financières élevées. La part du capital de la BAD souscrite par ces États, notamment les États-Unis, l’Allemagne et le Canada, compte pour 21% du total. Ce qui couvre la dette nette de la banque à la fin 2016. Mais nos projections indiquent que ce ne sera pas le cas en 2019 », expliquent encore les économistes de l’agence.

Le management de la banque nous a fourni des garanties supplémentaires

À tel point que l’agence a envisagé de revoir à la baisse sa perspective sur la notation de la BAD, de « stable » à « négative ». Ce qu’elle avait fait dans une version préliminaire de la notation datée du 1er août, que Jeune Afrique a pu consulter, avant de se raviser dans la note finalement publiée trois jours plus tard. « Le management de la banque nous a fourni des garanties supplémentaires sur une augmentation de capital à venir avant 2019, à même de couvrir les prêts émis, et un ralentissement de ces prêts à partir de 2018 », explique un économiste chez Fitch.

Lors de la dernière conférence annuelle de la BAD qui a eu lieu en mai 2017 en Inde, le président de l’institution, Akinwumi Adesina, a fait part de son ambition d’augmenter les capitaux de la banque de développement. Une mission particulièrement difficile dans le contexte économique actuel : la croissance du continent africain a chuté à 1,4% en 2016 et devrait s’établir à 2,6% cette année.

Adesina pense pourtant avoir montré de quoi il était capable, ayant déjà levé 10,5 milliards de dollars et décaissé 6,5 milliards de dollars en 2016, un record pour la banque. « Nous multiplions par quatre chaque dollars dépensé par la banque, grâce à l’effet de levier, à l’instar de notre prêt syndiqué avec neuf banque pour construire une centrale d’Eskom à 1 milliards de dollars en Afrique du Sud », déclarait Adesina en mai dernier.

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