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Mauritanie : nette victoire du « oui » au référendum constitutionnel

Par Jeune Afrique avec AFP

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz lors de son vote, le 5 août 2017, à Nouakchott. © STR / AFP

Selon les résultats annoncés dimanche, le "oui" l'a largement emporté au référendum constitutionnel qui s'était tenu la veille dans un climat tendu, ce qui constitue pour le président Mohamed Ould Abdel Aziz une nette victoire que l'opposition refuse de reconnaître.

« 85% des électeurs se sont prononcés en faveur du référendum », a annoncé dimanche la commission électorale. Avec un taux de participation de 53,73 %, le « Oui » l’emporte pour la révision de la Constitution, poursuit la même commission électorale. Un scrutin cependant dénoncé par les partis de l’opposition, qui ont appelé à le boycotter.

Environ 1,4 million de Mauritaniens étaient appelés à se prononcer notamment sur le remplacement du Sénat par des Conseils régionaux élus et une modification du drapeau national, auquel seraient ajoutées deux bandes rouges pour « valoriser le sacrifice des martyrs » de la résistance à la colonisation française qui s’est achevée en 1960.

L’appel au boycott avait obtenu le soutien d’un grand nombre de personnalités politiques, aussi diverses que des conservateurs religieux et des militants contre l’esclavage. Lors d’une conférence de presse dimanche, des membres de cette coalition ont dénoncé « une farce électorale qui a ouvert la voie à fraude encore plus vaste », ajoutant que le peuple « avait clairement rejeté les amendements à la Constitution ».

 « Coup de force »

Ancien général élu en 2009, réélu en 2014 pour cinq ans, après être arrivé au pouvoir par un coup d’État en 2008, le président Mohamed Ould Abdel Aziz a laissé entendre que cette modification de la Constitution ne serait probablement pas la dernière.

« Dans deux ans, voire dix ans, d’autres amendements peuvent intervenir pour adapter notre Constitution à nos réalités », a-t-il déclaré, alors qu’une partie de l’opposition le soupçonne de vouloir aller au-delà de son second mandat que lui confère la Constitution.

Pendant la campagne, l’opposition radicale a crié au « coup de force » du président, qui avait passé outre au rejet de son projet de révision constitutionnelle par la voie parlementaire en convoquant le référendum. Cette réforme a été élaborée en septembre-octobre lors d’un dialogue entre le pouvoir et l’opposition dite modérée.

Le dernier jour de la campagne, jeudi, a été à nouveau marqué par des interventions musclées de la police, qui a dispersé à coups de gaz lacrymogène et de matraque des opposants dans trois quartiers de Nouakchott. Le Bureau des droits de l’homme de l’ONU s’était alors dit « préoccupé » par le climat de la campagne.