RDC : affrontements meurtriers entre Pygmées et Bantous dans le sud-est

Par Jeune Afrique avec AFP

Maria Muzinga, une Pygmée dont trois enfants auraient été brûlés vif lors de heurts avec des Bantous, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, le 16 novembre 2014, dans le village de Mukondo. © HABIBOU BANGRE / AFP

De nouveaux affrontements meurtriers ont éclaté samedi entre Bantous et Pygmées en RDC. Selon la société civile, ces affrontements auraient fait 55 morts, un bilan non confirmé de sources officielles.

« Des affrontements vers 5h du matin dans le village de Lambo-Kilela à 140 km au nord-ouest du chef-lieu Kalemie ont fait 55 morts, dont 45 Bantous, et plusieurs blessés », a affirmé dimanche 7 août un responsable de la société civile de la province du Tanganyika, Modeste Kabanzi. Un nouvel épisode d’un ancien conflit foncier entre Bantous sédentaires et Pygmées nomades aurait éclaté la veille dans cette région du sud-est du pays.

« Une équipe est déjà sur place pour évaluer les dégâts et pour nous donner un bilan fiable », a tempéré de son côté auprès de l’AFP le gouverneur provincial Ngoy Kitangala, parlant pour l’instant de cinq blessés. « Il y a eu une attaque surprise des Pygmées vers 05h00 samedi », a-t-il confirmé, accusant « des bandits et des coupeurs de route à la recherche de nourriture ».

« Pas de témoin »

Un responsable de la communauté pygmée nommé par le gouverneur, Modeste Mulezi, a de son côté regretté qu’ « on accuse les Pygmées alors qu’il n’y a pas de témoin » de ces combats qui ont eu lieu en brousse.

Depuis décembre 2013, dans le nord du Katanga, de nombreux heurts interviennent entre des Bantous Luba et Pygmées Twa. Quatre personnes ont ainsi été tuées la semaine dernière et un village a été brûlé. Ce conflit, l’un des nombreux foyers de tensions en RDC, est antérieure à l’indépendance du pays (1960). Souvent considérés comme des citoyens de seconde zone, les Pygmées cherchent à faire reconnaître leurs droits, se heurtant souvent au refus de la majorité bantoue.

En février, un accord de non agression a été conclu sous la médiation du gouvernement central, des autorités locales et de la Monusco, la mission de l’ONU en RDC. En septembre 2016, quatre Bantous avaient été condamnés à 15 ans de prison pour crimes contre l’humanité, en lien avec ce conflit.

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