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Côte d’Ivoire : nouvelle attaque de commissariat par des hommes armés à Adzopé

Des policiers ivoiriens, le 22 octobre 2015 à Abidjan, en Côte d'Ivoire. © Schalk van Zuydam/AP/SIPA

Le commissariat de police d’Adzopé (sud de la Côte d’Ivoire) a été la cible d’une attaque, entre 3h et 4 du matin, ce vendredi 4 août 2017. Aucun mort, ni blessé grave n’est à déplorer.

Selon des témoignages recueillis auprès de sources sécuritaires, une patrouille de la police locale, conduite par le commissaire de police, est tombée cette nuit dans une embuscade tendue par une vingtaine d’assaillants armés de fusils AK47 − une trentaine selon l’AFP −, vêtus de treillis militaires des Forces armées de Côte d’Ivoire (Faci) et portant des cagoules.

Les assaillants auraient contraint la patrouille à les conduire au poste de police de la ville, d’où ils auraient emporté des armes, après y avoir enfermé les policiers de service. Dans sa retraite, le commando aurait ensuite attaqué deux stations-services fermées la nuit et emporté des bouteilles de gaz. Une pharmacie de garde aurait été aussi visitée. Aucun mort, ni blessé grave n’est à déplorer.

Le même mode opératoire qu’à Azaguié et Fresco

Cette attaque rappelle l’attaque d’Azaguié (ville voisine d’Adzopé), le 22 juillet dernier. Des assaillants vêtus de treillis militaires s’étaient attaqués à la brigade de gendarmerie de la ville, aux alentours de 3h du matin et avaient emporté des armes, après avoir enfermé des gendarmes en service dans les locaux. Ils avaient par la suite braqué le centre des Impôts et une société de transformation de caoutchouc, sans faire de morts, ni de blessés graves. Près de 6 millions F CFA (9 000 euros environ) avaient été emportés.

Le mode opératoire observé à Adzopé rappelle aussi l’attaque de Fresco (sud-ouest) le 28 juillet 2017, au cours de laquelle des assaillants en civil (cette fois-ci) et encagoulés avaient emporté des armes de la brigade de gendarmerie, après avoir enfermé les gendarmes de service là encore dans les locaux. Un gendarme avait été blessé à la tête. Le commando, là encore, avait braqué le centre du Trésor et au moins un établissement de micro-finance locale, avant de disparaître dans la nature, à bord d’un pick-up de la gendarmerie, abandonné plus loin.

En moins d’un mois, cinq villes ivoiriennes ont subi des attaques similaires. Dans la nuit de vendredi 14 au samedi 15 juillet 2017, deux attaques simultanées ont été enregistrées dans des camps militaires à Korhogo (nord de la Côte d’Ivoire) et dans la commune d’Abobo, dans le district d’Abidjan.

Le chef d’état-major des armées, le général Sékou Touré avait alors assuré qu’il s’agissait de « quelques soldats [qui] avaient cru devoir exprimer des récriminations, en se servant de leurs armes dans la commune d’Abobo et dans la ville de Korhogo ». L’attaque de Korhogo avait causé la mort de trois soldats. Plusieurs interpellations ont été faites à Korhogo, comme à Abobo.

L’attaque de l’école de police d’Abidjan dans les mémoires

L’attaque la plus spectaculaire reste celle du 19 juillet 2017, à Abidjan, à deux jours de l’ouverture des jeux de la Francophonie. Vers 22 heures, une dizaine d’hommes en treillis militaires, armés, encagoulés et portant des brassards, avaient fait irruption dans l’enceinte de l’école de police à Cocody et avaient réussi à emporter des armes stockés au quartier général du Centre de commandement des décisions opérationnelles (CCDO, unité mixte d’élite, chargée de la sécurisation d’Abidjan et des grandes villes du pays). Un soldat avait été tué et un membre du CCDO blessé, au cours de cette attaque.

À bord de taxis braqués, les assaillants avaient ensuite mis le cap sur Yopougon (commune d’Abidjan) où ils s’étaient attaqués à un commissariat de police. Grâce à des images de vidéosurveillance de l’école de police et une action coordonnée des forces de sécurité, au moins cinq militaires et deux civils avaient pu être arrêtés par la suite. Les autorités avaient par ailleurs assuré avoir réussi à récupérer toutes les armes volées.

Le nouveau ministre de l’Intérieur Sidiki Diakité a laissé entendre que « tout portait à croire » que les attaques de l’école de police d’Abidjan et de la gendarmerie d’Azaguié avaient été conduites par le même commando.

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