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Maroc : le président soudanais Omar el-Béchir en visite privée à Tanger

Le président soudanais Omar el-Béchir lors d'un discours à Djouba en janvier 2014. © Ali Ngethi/AP/SIPA

Le président soudanais, sous mandat d'arrêt international, est venu rencontrer le roi Salmane d'Arabie saoudite jeudi à Tanger, où celui-ci a pris ses quartiers d'été. Une visite vivement contestée par les défenseurs des droits de l'homme au Maroc.

Le président soudanais, Omar Hassan el-Béchir, est arrivé à Tanger, jeudi 3 août, pour une visite privée, a indiqué un haut responsable marocain joint par Jeune Afrique

Il a atterri hier en fin d’après-midi à l’aéroport Ibn Battouta et s’est directement dirigé vers le palais du roi Salmane d’Arabie Saoudite qui séjourne dans la ville depuis le 24 juillet. Les deux chefs d’État, qui se sont nettement rapprochés ces dernières années, avaient déjà eu un tête-à-tête en 2016 dans ce même palais qui, chaque été, voit défiler plusieurs chefs d’État et têtes couronnées.  

Le président soudanais se trouve sous le coup de deux mandats d’arrêt internationaux émis par la Cour pénale internationale (CPI) en 2009 et 2010 pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et génocide perpétrés au Darfour.

L’annonce de sa visite a suscité l’indignation des défenseurs des droits de l’homme au Maroc. Des dizaines d’acteurs associatifs, dont la Marocaine Aïcha El Basri, ancienne porte-parole de la mission de l’ONU au Darfour, ont adressé, début août, une pétition au chef du gouvernement, Saadeddine El Othmani, demandant l’annulation de cette visite qui « ne fait pas honneur au Maroc ».

« La main d’Omar el-Béchir est pleine du sang des innocents qu’il a tués. Plus de 300 000 civils ont péri à cause de lui, sans parler des sans-abri et de la répression qu’il fait subir, jusqu’à aujourd’hui, à l’opposition soudanaise et aux ONG de ce pays. Une répression qui n’a fait qu’augmenter « , indique le texte de cette pétition. 

Ami du Maroc

Le roi du Maroc, qui avait accueilli le président soudanais à la COP22 en novembre 2016 à Marrakech, soutient le Soudan qui avait validé l’adhésion du royaume à l’Union africaine (UA). En Juillet 2016, lors d’une visite à Khartoum, l’ancien ministre des Affaires étrangères Salaheddine Mezouar avait déclaré que le Maroc soutenait le Soudan contre « les campagnes trompeuses » dont le pays serait l’objet. Il avait alors remis une invitation royale à el-Béchir pour visiter le royaume.

La CPI contestée

Le Maroc n’est pas signataire de l’accord de Rome, traité fondateur de la CPI. Le pouvoir de cette juridiction est vivement contesté par plusieurs États africains qui l’accusent de s’acharner sur l’Afrique.

Depuis 2010, le président soudanais va et vient librement alors que les juges de la CPI le lui ont interdit. Le 6 juillet, la Cour a épinglé l’Afrique du Sud, estimant que cette dernière avait failli à ses obligations internationales en accueillant sur son sol le président soudanais en juin 2015.

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