Le gouvernement ivoirien fait le point sur le remboursement des victimes des sociétés d’agrobusiness

Par Jeune Afrique

Lors d'une manifestation d'associations d'investisseurs lésés de l'agrobusiness, samedi 18 février, à Abidjan. © Siiabci.

À l'occasion du conseil des ministres du mercredi 2 août, le gouvernement ivoirien a fait le point sur l'avancement, au 31 juillet, du remboursement des souscripteurs des sociétés dites d'agrobusiness. Celles-ci sont accusées d'avoir organisé une vaste escroquerie, basée sur un schéma de Ponzi.

Suite au conseil des ministres du mercredi 2 août, le gouvernement ivoirien a annoncé que 16 925 souscripteurs avaient déjà été enrôlés par les banques, pour un montant de 13 396 462 294 francs CFA. 23,24% des souscripteurs ont été selon lui remboursés, à hauteur de 47% du montant qu’ils avaient investi, soit un total de 10 947 937 881 francs CFA.

Le Conseil des ministres précise que le processus de remboursement des souscripteurs « se poursuit avec le traitement par l’Administrateur Séquestre, des réclamations et des dossiers des retardataires ». Les listes définitives seront arrêtées et mises en ligne d’après lui le 24 août 2017 « au plus tard ».

Six gérants de sociétés d’agrobusiness écroués

L’opération concerne, selon les ministres, 48 296 souscripteurs, qui ont investi 100 588 274 429 francs CFA. Les ressources disponibles pour le remboursement s’élèvent à 24 558 657 128 francs CFA. Le Conseil des ministres précise que 1 150 000 000 francs CFA de ressources additionnelles ont été mobilisées et consignées dans un compte séquestre.

Par ailleurs, le doyen des juges d’instruction du tribunal de première instance d’Abidjan a lancé des procédures judiciaires visant 23 sociétés d’agrobusiness. Parmi les dirigeants de ces sociétés, six sont actuellement écroués.

Les sociétés en question proposaient depuis plusieurs années aux particuliers d’investir dans des plantations « clefs en main » contre un retour sur investissement qui pouvait atteindre 1000% après 3 à 6 mois. Mi-janvier 2017, suite à une enquête préliminaire faisant état de soupçons de schéma de Ponzi − un montage financier illégal qui consiste à rémunérer les investissements des clients grâce aux dépôts des nouveaux souscripteurs − le procureur de la République avait gelé les comptes de ces sociétés, provoquant la colère de milliers de souscripteurs qui craignaient de perdre leur argent.