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Ouverture permanente de la frontière entre le Togo et le Ghana : histoire d’un dégel

Le président togolais Faure Gnassingbé, à Lomé, le 25 avril 2015. © Erick Kaglan/AP/SIPA

Le gouvernement togolais a annoncé lundi l’ouverture permanente du poste-frontière de Kodjoviakopé, jusqu'alors fermé tous les jours entre 22 heures et 6 heures du matin. Une décision prise par les présidents Faure Gnassingbé et Nana Akufo-Addo pour « faciliter la libre circulation des personnes et les échanges » entre le Togo et le Ghana.

La décision prise le 31 juillet par Faure Gnassingbé et Nana Akufo-Addo d’ouvrir 24 heures sur 24 la frontière terrestre entre leurs deux pays est la conséquence d’un « net réchauffement » des relations Togo-Ghana, comme le souligne le communiqué du ministre togolais de l’Administration territoriale.

Pendant de nombreuses années, le régime togolais de feu Gnassingbé Eyadema a accusé son homologue ghanéen Jerry John Rawlings de soutenir ses opposants (Gilchrist Olympio notamment) et d’abriter des « camps d’entraînement de terroristes ». Le 23 septembre 1986, la capitale togolaise avait été attaquée par des « éléments venus du Ghana » avec la volonté de mettre fin au régime d’alors. Déjouée, l’attaque contribuera à dégrader sérieusement les relations entre les deux pays pourtant liés par l’histoire.

La fermeture partielle de la frontière avait donc été décidée du côté togolais en réponse  au soutien présumé du régime ghanéen aux « activités subversives d’un groupe d’exilés togolais résidant au Ghana ». Une situation qui pénalisait les voyageurs arrivant à la frontière après 22 heures, obligés d’y passer la nuit dans des conditions difficiles.

Volonté d’intégration

La visite officielle au Togo du président Nana Akufo-Addo les 3 et 4 mai 2017 et la quatrième commission mixte Togo-Ghana qui s’est tenue à Accra entre le 25 et le 27 juillet ont porté leurs fruits. « La frontière terrestre entre les deux États qui n’était ouverte que pendant une durée limitée de jour et de nuit sera rouverte, à compter de ce jour (31 juillet), en permanence (24h/24) pour faciliter la libre circulation des personnes et les échanges entre nos deux États », indique le communiqué ministériel.

L’accent est mis sur la volonté d’intégration, car la situation sécuritaire s’est nettement améliorée depuis des années de part et d’autre de la frontière. Porté début juin à la tête de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (Cedeao), le président Faure Gnassingbé a placé son mandat sous le signe de l’intégration à travers la libre circulation des personnes et des biens au sein de l’espace communautaire. Il avait d’ailleurs effectué une visite surprise le 8 juin au poste-frontière de Kodjoviakopé en compagnie du président de la Commission de la Cedeao pour constater personnellement les difficultés de circulation entre les deux pays.

Éliminer les rackets

Lors de sa visite du 8 juin, Faure Gnassingbé avait interrogé des douaniers sur les mesures prises lorsque les voyageurs ne disposent pas de documents d’identité. De fait, les populations se plaignent régulièrement du racket subi des deux côtés de la frontière de la part d’agents peu scrupuleux. « C’est un problème constant. Nous savons ce que la réalité est exactement et nous connaissons les plaintes des populations », avait déclaré Faure Gnassingbé en quittant Kodjoviakopé. Le véritable défi aujourd’hui est donc de lutter contre la corruption. Une situation qui pousse le gouvernement togolais a exhorter « l’ensemble des usagers des postes-frontières et tous les personnels de sécurité et des douanes qui y sont préposés à faire preuve de grande responsabilité en respectant scrupuleusement les prescriptions communautaires de la Cedeao sur la libre circulation des personnes et des biens ».

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