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Côte d’Ivoire : les deux journalistes arrêtés pour divulgation de fausses nouvelles sur Guillaume Soro relâchés

Par Jeune Afrique avec AFP

Une femme devant un kiosque à journaux, le 26 octobre 2015 à Abidjan, en Côte d'Ivoire. © Schalk van Zuydam/AP/SIPA

Les deux journalistes ivoiriens arrêtés lundi 31 juillet pour « divulgation de fausses nouvelles » sur Guillaume Soro et ses comptes bancaires ont été relâchés mardi 1er août par le tribunal d'Abidjan après avoir passé 48 heures en garde-à-vue. Ils sont convoqués devant le tribunal de première instance d'Abidjan le 20 octobre 2017.

Dan Opeli, directeur de publication du Quotidien (opposition) et Yves Kuyo, journaliste, ont été relâchés le mardi 1er août. Ils sont toutefois convoqués devant le tribunal de première instance d’Abidjan le 20 octobre 2017, ont-ils déclaré à l’AFP à leur sortie du tribunal.

Vendredi 28 juillet, Le Quotidien avait annoncé en Une que des comptes bancaires du président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, étaient gelés et qu’une enquête avait été lancée contre lui.

Ces affirmations avaient été qualifiées le même jour de totalement « fausses » par le procureur de la République d’Abidjan, Richard Christophe Adou, démentant avoir lancé une enquête contre Guillaume Soro ou une requête pour le gel de ses comptes.

L’information n’avait pas été recoupée

« Nous sommes heureux d’être libérés », a déclaré à l’AFP Dan Opeli, en compagnie d’Yves Kuyo, expliquant avoir publié une information qu’il « estimait réelle » sans avoir pu la recouper, faute de réponse des autorités.

Lors d’une conférence de presse mardi 1er août, le procureur a jugé les faits « extrêmement graves » et appelé les journalistes ivoiriens à plus de responsabilité et de professionnalisme.

« Des journalistes privés de liberté de façon abusive pour des délits de presse », selon RSF

Le secrétaire général du Syndicat national des professionnels de la presse de Côte d’Ivoire (Synapp-CI), Guillaume Gbato, a demandé mardi « l’abandon de toutes les charges » contre les deux journalistes.

« Nous appelons les autorités ivoiriennes à traiter les journalistes comme des citoyens normaux, qui peuvent se tromper mais qui doivent être traités avec dignité », a-t-il déclaré à l’AFP.

Il avait déploré lundi « une violation inacceptable de la liberté de la presse » dont le gouvernement ivoirien commence « à être coutumier ». « La loi (de 2004) sur la presse n’autorise pas la détention de journalistes », a estimé dans un communiqué mardi Cléa Kahn-Sriber, responsable Afrique de Reporters sans Frontières (RSF). « Ce n’est pas la première fois que des journalistes sont privés de liberté de façon abusive pour des délits de presse » en Côte d’Ivoire, a-t-elle estimé.