Football : la Libye renonce à l’organisation de la CAN 2017

Par Jeune Afrique

Les Nigerians fêtent leur victoire en finale de la dernière Coupe d'Afrique des nations. © AFP

Secouée par des violences depuis la révolution de 2011, la Libye a finalement renoncé à organiser la Coupe d'Afrique des nations (CAN) en 2017, pour laquelle un appel à candidatures a été lancé par la Confédération africaine de football (CAF).

"Une délégation libyenne, conduite par le ministre de la Jeunesse et des Sports de Libye et comprenant le président de la Fédération libyenne de football, l’a signifié au président de la Confédération africaine de football, Issa Hayatou", lors d’une réunion vendredi au siège cairote de la CAF, a annoncé celle-ci samedi dans un communiqué. "Raison invoquée par la partie libyenne, la situation sécuritaire instable que traverse le pays", précise-t-elle.

La Libye devait déjà organiser la CAN en 2013. Mais l’intervention militaire étrangère et la révolte intérieure qui ont mis fin au régime du dictateur Mouammar Kadhafi au cours de l’année 2011 avaient poussé la CAF a procéder à un réaménagement du calendrier, en accord avec les parties prenantes. La Libye devait finalement organiser l’édition 2017, initialement dévolue à l’Afrique du Sud, qui reprenait au pied levé celle de 2013, puisqu’elle bénéficiait de toutes les infrastructures requises après avoir reçu la Coupe du monde en 2010.

Depuis la mort de Kadhafi en 2011, les autorités de Tripoli ne parviennent pas à contrôler les dizaines de groupes armés composés d’ex-rebelles qui font la loi dans le pays en l’absence d’une armée et d’une police bien structurées et entraînées. Les violences de fin juillet-début août ont même amené de nombreuses capitales occidentales à évacuer leurs citoyens et diplomates.

Embellie en mars-avril 2013

La décision de renoncer à organiser la CAN-2017 n’est pas une surprise: le scepticisme était de mise depuis 2011 sur la capacité de la Libye à accueillir le tournoi continental. Le président de la CAF, Issa Hayatou lui-même, à la fin de la CAN-2013, avait fait part de ses doutes: "On peut trouver des pays déjà prêts, peut-être même encore l’Afrique du Sud. On a toujours un plan B. Nous sommes prêts à remplacer la Libye si jamais elle ne répond pas aux conditions. Nous avons encore des craintes. De temps en temps on entend qu’on a tué telle personne, ça nous amène à être prudents".

Une embellie avait suivi: en mars 2013, la CAF autorisait à nouveau la Libye à accueillir des matches interclubs internationaux, avant que la Fifa donne également son feu vert, en avril, pour l’organisation dans le pays de matches de sélections.

Les autorités politiques de Tripoli avaient alors fait part de leur "détermination" à garantir la CAN-2017, pour le 60e anniversaire de la compétition. "L’organisation de la CAN permettra à la Libye de marquer la normalisation de la vie dans le pays et de promouvoir les projets de développement", avait ainsi souligné le ministre de la Jeunesse et des Sports, Abdessalem Ghouila. L’installation durable du chaos sécuritaire aura eu raison de cet espoir.

Décision en 2015

Avec ce désistement, la CAF a lancé un appel à candidatures à ses 54 fédérations membres, jusqu’au 30 septembre. Au vu du court délai imparti, elle "sélectionnera un pays hôte possédant déjà l’essentiel des infrastructures et facilités requises (stades, terrains d’entraînement, hébergement, voies de communication…)". Le Comité exécutif de la CAF choisira l’organisateur de la CAN-2017 "au cours de l’année 2015".

L’équipe nationale de Libye, qui s’était qualifiée pour la CAN-2012 en Guinée-Equatoriale et au Gabon à la surprise générale, avec notamment quelques joueurs qui avaient participé à la révolte anti-Kadhafi, s’est fait sortir dès le premier tour des éliminatoires pour la CAN-2015 au Maroc, par le Rwanda (0-0, 0-3). Mais elle avait remporté plus tôt la troisième édition du Championnat d’Afrique des nations (Chan), réservé aux joueurs évoluant sur le continent, en battant le Ghana en finale (0-0 a.p., 4-3 t.a.b.), début 2014 au Cap.