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Qui sont les médaillés africains des derniers Jeux olympiques de Paris, en 1924 ?

William Smith, médaillé d'or en boxe à Paris, en 1924. © William Smith Family/CC/Wikimedia commons

Sauf énorme surprise, les Jeux olympiques reviendront à Paris en 2024, cent ans après leur dernière édition dans la capitale française. L’Afrique devrait y être présente en nombre, contrairement à 1924. À l’époque, seuls l’Afrique du Sud et l’Égypte avaient participé, pour trois médailles uniquement. Jeune Afrique remonte le temps.

Connaissez-vous Sid Atkinson, Cecil McMaster et William Smith ? À moins d’être un grand spécialiste de l’histoire olympique, certainement pas. Ces trois sportifs sont pourtant les seuls médaillés africains, pour l’Afrique du Sud en l’occurrence, des Jeux de 1924 à Paris. L’Égypte, seul autre pays africain présent à Paris cette année-là, n’avait quant à elle pas remporté la moindre breloque, s’inclinant en quart de finale face à la Suède, future médaillée de bronze.

Cecil McMaster, le marcheur blanc

Des trois Sud-Africains présents, tous blancs, Cecil McMaster est alors le plus expérimenté. Il a l’expérience de l’olympisme puisqu’il a participé aux Jeux précédents, ceux de 1920, à Anvers, en Belgique. Aligné sur le 3 000 mètres et le 10 kilomètres marche, il avait échoué chaque fois au pied du podium, à la quatrième place.

Le natif de Port Elizabeth arrive donc, à 29 ans, revanchard à Paris. Il n’est pourtant pas loin de voir une nouvelle fois la médaille lui échapper de peu. À plus d’une minute du vainqueur, l’Italien Ugo Frigerio, il arrache toutefois la troisième place, synonyme de bronze, ne devançant un autre Italien, Donato Pavesi, que de neuf petites secondes à l’arrivée dans le stade de Colombes.

C’est l’aboutissement de sa carrière. Cecil McMaster ne participe pas aux Olympiades de 1928 et cette médaille de bronze reste la seule de son parcours. De retour en Afrique du Sud, il y vit jusqu’à sa mort, en 1981, à l’âge de 86 ans.

« Sid », le sprinter d’argent

Les deux autres médaillés sud-africains sont en revanche des novices de l’olympisme. Sidney James Montford Atkinson, que l’on surnomme Sid, a 23 ans lorsqu’il débarque dans le stade de Colombes pour ses premiers Jeux. Contrairement à Cecil McMaster, la marche ne l’intéresse guère. Sid est un sprinter, spécialisé dans le 110 mètres haies.

Le Sud-Africain mène d’ailleurs la finale olympique jusqu’à la dixième haie, la dernière. Mais son pied accroche l’ultime obstacle et ce déséquilibre lui fait perdre de la vitesse. Il est finalement dépassé par l’Américain Dan Kinsey. Médaille d’argent et légère déception donc.

Mais cette dernière est réparée quatre ans plus tard : « Sid » remporte la médaille d’or de sa discipline, devant trois Américains. Ce natif de Durbar peut retrouver sa ville d’origine avec la sensation du devoir accompli. Il y décède en 1977, à 76 ans.

« Willie », le coq d’or

Reste William Smith, le troisième médaillé sud-africain. Il ne marche pas, ne saute pas, ne court pas. « Willie » cogne. Fort. À seulement 20 ans, il se hisse, le lendemain de son anniversaire, le 20 juillet 1924, en finale du tournoi de boxe des poids coq et y terrasse l’Américain Al Tripoli, un New-Yorkais de 19 ans.

Le natif de Johannesbourg ne participe à aucune autre olympiade. Il passe professionnel l’année suivante, 1925. En 55 combats, il comptabilise 38 victoires, 3 matchs nuls et 14 défaites. Plusieurs fois champion d’Afrique, Smith, devient par la suite homme d’affaire et patron d’un hôtel, et conserve cette médaille d’or, la seule à Paris pour l’Afrique du Sud, comme son plus grand fait d’armes.

Décédé d’une crise cardiaque en 1955, à 51 ans, il attend toujours son successeur en tant que champion olympique sud-africain à Paris. Sauf immense surprise, la relève devrait arriver dans sept ans, la seule ville rivale de Paris pour 2024, Los Angeles, ayant accepté de se retirer pour organiser les Jeux en 2028. Les candidats seront alors nombreux sur les bords de Seine.

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