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Burkina : le président du CDP, Eddie Komboïgo, blanchi dans l’enquête sur le putsch raté de 2015

Par - à Ouagadougou

Eddie Komboïgo, président du CDP. © Eddie Komboïgo / Facebook

Dans son ordonnance de règlement rendue le 24 juillet dans l'enquête sur le coup d'État raté du général Gilbert Diendéré de mi-septembre 2015, le juge d'instruction a estimé que l'actuel président du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), Eddie Komboïgo, qui avait été inculpé puis écroué pour son implication présumée, était "exempt de tout reproche", a appris Jeune Afrique. Une décision sans surprise, a fait savoir l'ancien parti présidentiel qui nie toute responsabilité dans le coup de force.

Eddie Komboïgo, qui avait été accusé de complicité avec les putschistes, est désormais libre de ses mouvements. Le président du parti de Blaise Compaoré – ce dernier vit en exil depuis sa chute en octobre 2014 – vient de bénéficier d’un non-lieu prononcé par le juge d’instruction en charge de l’enquête sur le coup d’État manqué de l’ex-régiment de sécurité présidentielle.

Selon les informations de Jeune Afrique, le juge, dans une ordonnance de règlement rendue lundi 24 juillet, l’a estimé « exempt de tout reproche ». Rentré au pays en janvier 2016, Komboïgo avait été placé en détention à la maison d’arrêt et de correction des armées, où sont actuellement incarcérés les auteurs présumés du putsch raté, avant de bénéficier en mai 2016 d’une liberté provisoire. Joint au téléphone par JA, celui qui est également fondateur et patron du cabinet d’expertise comptable CAFEC-KA confirme l’information. Et botte en touche : « Je suis actuellement à l’étranger. Je n’ai pas de commentaire à faire sur cette décision ».

Nous ne sommes pas surpris par la décision du juge qui blanchit notre président », déclare Achille Tapsoba

De son côté, le CDP salue une décision conforme à ce qu’il a toujours clamé : « Le CDP n’est ni de près, ni de loin mêlé à ce putsch », selon les mots du président par intérim Achille Tapsoba. Qui ajoute : « Nous ne sommes pas surpris par la décision du juge qui blanchit notre président après l’avoir inculpé de six chefs ».

D’autres inculpés bientôt blanchis ?

Une dizaine de militants de l’ancien parti au pouvoir sous le régime Compaoré, parmi lesquels l’ex-ministre Salifou Sawadogo, Léonce Koné, Moise Traoré ou encore Fatou Diendéré, épouse du général putschiste – tous quatre vice-présidents -, sont poursuivis pour leur implication présumée dans la tentative de coup d’État. « Nous sommes convaincus qu’au-delà du cas Eddie Komboïgo, d’autres militants inculpés seront également blanchis si l’instruction se poursuit sans arbitraire, ni ordres », a déclaré Tapsoba.

D’autres civils sont également mis en cause, comme Me Hermann Yaméogo, patron de l’UNDD (Union nationale pour la démocratie et le développement), l’ancien bâtonnier Me Mamadou Traoré, ou encore les journalistes Adama Ouedraogo, dit Damiss, et Caroline Yoda.

Depuis l’ouverture de l’enquête judiciaire sur la tentative de coup d’État du général Diendéré, principal mis en cause – il est accusé de crimes contre l’humanité et d’atteinte à la sûreté de l’État – , le tribunal militaire a inculpé 90 personnes. Une trentaine parmi elles, dont les généraux Diendéré et Djibrill Bassolé, ex-ministre des Affaires étrangères de Blaise Compaoré, sont actuellement détenues à la maison d’arrêt et de correction des armées.

Si pour l’heure la justice militaire n’avance aucune date pour les premières audiences de ce procès très attendu par les Burkinabè, celles-ci doivent se tenir au dernier trimestre de l’année, assure une source judiciaire.

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