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Kenya : un responsable du service informatique de la commission électorale assassiné

Par Jeune Afrique avec AFP

Christopher Msando, le 6 juillet 2017, lors d'une conférence de presse à Nairobi, au Kenya. © AP/SIPA

Un responsable chargé de superviser le système informatique de la commission électorale kényane (IEBC) a été retrouvé mort assassiné, moins d'une semaine avant les élections générales du 8 août, a annoncé lundi le président de cette commission.

Le corps de Chris Msando a été identifié à la morgue de la capitale Nairobi, a indiqué à la presse le président de l’IEBC, Wafula Chebukati lundi 31 juillet. « Il n’y a aucun doute : il a été torturé et assassiné. La seule question dans notre esprit est : pourquoi a-t-il été tué quelques jours avant les élections ? » Numéro deux du service informatique de l’IEBC, Chris Msando était chargé de superviser le système électronique d’identification des électeurs et de comptage des voix, considéré comme essentiel pour éviter un éventuel trucage du scrutin.

Tous les yeux sont tournés vers ce système électronique, qui avait failli lors de l’élection de 2013, ce qui avait poussé l’opposition à contester devant la Cour suprême, en vain, la victoire dès le premier tour d’Uhuru Kenyatta. Il doit, comme l’a assuré la commission électorale, garantir la régularité de l’élection du 8 août grâce à la reconnaissance biométrique des 19,6 millions de votants inscrits.

Le garant du système de comptage des voix

Une source proche de l’IEBC a affirmé à l’AFP que Chris Msando avait aidé à corriger certaines failles dans ce système informatique qui auraient pu permettre de manipuler le décompte des voix. Il devait également mener ce lundi un exercice de test du système électronique de vote, qui a été repoussé après l’annonce de sa mort. La semaine dernière, il était apparu à la télévision pour rassurer sur la fiabilité de ce système.

Chris Msando devait mener un test sur le système électronique de vote

Il avait disparu au cours du week-end. L’IEBC avait d’abord fait savoir dans un communiqué que Chris Msando avait été aperçu pour la dernière fois vendredi soir et avait envoyé tôt samedi matin un texto à un collègue suggérant « qu’il était conscient et parfaitement informé de son itinéraire du jour ».

Un employé de la morgue a expliqué que son corps avait été amené samedi par la police, en compagnie de celui d’une femme. Les deux corps, qui étaient nus et portaient des traces de torture, avaient été jetés dans une forêt à Kiambu, en dehors de Nairobi. Les raisons pour lesquelles il a fallu presque 48 heures pour identifier le corps de Chris Msando ne sont pas claires.

La coalition d’opposition Nasa a condamné un « meurtre odieux » et s’est dite « profondément inquiète » de ses possibles implications. Human Rights Watch a pour sa part appelé les autorités à enquêter sur ce meurtre, notant qu’il intervenait alors que l’IEBC « était sur le point de vérifier ses systèmes, à une semaine des élections ».

L’opposition dit craindre des fraudes

L’IEBC est en charge de l’organisation des élections du 8 août, où les Kényans sont appelés à désigner leurs président, gouverneurs, députés, sénateurs, élus locaux et représentantes des femmes à l’assemblée. L’élection présidentielle, réédition du duel de 2013, s’annonce serrée entre le sortant Uhuru Kenyatta et son rival Raila Odinga.

La campagne a été acrimonieuse, le pouvoir reprochant à l’opposition de chercher à diviser le pays et à attiser les violences, celle-ci l’accusant a contrario de vouloir truquer les élections.

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