RD Congo : évasion d’une vingtaine de prisonniers à Bukavu, dans l’est du pays

Par Jeune Afrique avec AFP

Un Casque bleu égyptien assurant la sécurité des populations dans la ville de Bukavu, le 26 novembre 2014. © Abel Kavanagh/CC/Monusco

Une vingtaine de détenus se sont évadés de la prison de Bukavu dans l’est de la République démocratique du Congo (RD Congo) ce vendredi 28 juillet, vers 13h30, heure locale, selon un responsable local. Une personne a été tuée, quatre autres ont été blessées. C’est la cinquième évasion en RD Congo depuis le mois de mai.

Des coups de feu ont été entendus en provenance de la prison centrale de Bukavu, ce vendredi 28 juillet vers 13h30, heure locale (11h30 GMT), provoquant la panique et l’arrêt des activités dans cette ville de l’est de la RD Congo, selon plusieurs témoins et le correspondant local de l’AFP. « Deux militaires burundais en détention ont jeté de l’intérieur une grenade qui a détruit le portail de la prison », permettant l’évasion d’une vingtaine de prisonniers, a expliqué le capitaine Dieudonné Kasereka, l’un des porte-paroles de l’armée dans la région.

« Nous déplorons pour l’instant un mort, quatre blessés graves et, jusque-là, une vingtaine d’évadés », a déclaré à la presse le maire de Bukavu, Philémon Yogolelo, qui s’est rendu à la prison de la capitale du Sud-Kivu, près d’une heure après l’évasion.

Cinquième évasion d’envergure en quatre mois

Cette évasion est la cinquième depuis le mois de mai 2017 en RD Congo. Le 17 mai, près de 5 000 détenus s’étaient évadés de la prison de Makala en plein cœur de Kinshasa après l’assaut d’un commando, à 2 heures du matin, pour libérer le chef de la secte mystique et autonomiste Bundu dia Kongo.

Moins de 48 heures après cette spectaculaire évasion, plusieurs dizaines de détenus se sont échappés d’un autre établissement pénitencier, à Kasangulu, au sud-ouest de Kinshasa, dans la nuit du jeudi 18 au vendredi 19 mai.

Le commissariat du district de Mont-Amba et le parquet de Matete, distants de 50 mètres, ont, eux, été attaqués par une vingtaine de personnes non-identifiées dans la nuit du 10 au 11 juin 2017. Au total, 17 détenus se sont enfuis.

Le 11 juin, à Béni, dans la province du Nord-Kivu, voisine du Sud-Kivu, plus de 900 détenus s’étaient évadés après une attaque à l’arme lourde lancée par des inconnus, selon les autorités. Julien Paluku, le gouverneur de la province du Nord-Kivu n’excluait pas tout de même la possibilité que la rébellion ougandaise soit à l’origine de l’assaut : « La région est polluée par la rébellion ougandaise. La question est de savoir si ces sont des Mai Mai ou les ADF [Forces démocratiques alliées, rébellion ougandaise, NDLR] ou encore une conjugaison des deux », avait-il confié à Jeune Afrique.

Cette série d’évasions intervient alors que le président Joseph Kabila, dont le mandat est échu depuis décembre 2016, se maintient à son poste dans un climat de tensions politiques exacerbées par une recrudescence des troubles dans plusieurs provinces du pays. L’est de la RD Congo est par ailleurs minée par des violences entre groupes armés depuis plus de 20 ans.