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Mali : risque d’escalade après les affrontements meurtriers près de Kidal

Par - à Bamako

Un rebelle du MNLA à Kidal (Nord), le 25 juillet 2013. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

Des affrontements meurtriers ont eu lieu ce week-end dans la région de Kidal, dans le nord du Mali, entre des combattants de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) et des hommes des mouvements de la Plateforme, réputés proches de Bamako. Les combats risquent de s’entendre dans la région de Gao.

Tout a commencé mercredi 26 Juillet, au petit matin. Une colonne de combattants de la Coordination des mouvements de l’Azawad se dirige alors vers Takalotte, à 45km au sud de Kidal. Cette localité est connue pour être un fief de la tribu touarègue Imghad. Selon une source sécuritaire à Kidal, la CMA soupçonne alors les combattants du Groupe d’autodéfense touareg Imghad et leurs alliés de la Plateforme (Gatia, groupe réputé progouvernemental) de préparer un plan d’attaque sur la ville de Kidal.

Dans la matinée, des combats éclatent entre les deux parties aux abords du petit village de Takalotte.  Fort de leur supériorité numérique et de l’effet de surprise, les combattants de la CMA prennent l’avantage sur ceux de la Plateforme. Les combats ont pris fin peu avant midi. Lorsque les hommes du Gatia se retirent de Takalotte, ils laissent derrière eux plusieurs morts et d’importants matériels militaires.

Un cadre du MNLA aurait été tué

« Il y a eu au moins 13 morts dans les rangs de la Plateforme et quatre dans ceux de la CMA, dont le bras droit du chef d’état-major du MNLA, Mohamed Ag Najim », affirme à Jeune Afrique une source au sein de la CMA. « Près de cinquante combattants de la Plate-forme sont fait prisonniers, dont trois blessés que j’ai vus ce matin à l’hôpital de Kidal », affirme pour sa part un habitant de Kidal qui s’est rendu dans la prison et à l’hôpital de la ville.

Ce jeudi 27 juillet, de nouveaux combats ont éclaté entre les hommes de la Plateforme et ceux de la CMA à Inafarak, à 40km au nord-ouest de Inkhalil, près de la frontière avec l’Algérie. Les combattants de la Plateforme ont reculé et se sont repliés sur la région de Gao.

Les deux camps s’accusent mutuellement

Les deux camps s’accusent mutuellement d’être à l’origine du déclenchement des hostilités. Dans un communiqué daté du mercredi 26 juillet, la Plateforme affirme que l’attaque a été menée par la CMA dans le but d’empêcher le déploiement du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC, des patrouilles mixtes entre soldats maliens, groupes armés pro-gouvernementaux et ex-rebelles lancées en février dernier) et le retour du gouverneur à Kidal.

De son côté, la CMA accuse la Plateforme ne pas vouloir accepter le cessez-le-feu proposé quelques jours auparavant à Bamako. Pour la CMA, ce refus de la Plateforme est synonyme d’un projet de conquête de nouvelles positions militaires.

Risque de propagation des combats vers Gao

Selon une source sécuritaire onusienne, basée dans la région de Kidal, les combats de ces derniers jours sont les conséquences d’exactions commises par des combattants de la Plateforme sur des civils à Kidal.

« Pendant le mois de Ramadan, les combattants de la communauté Imghad ont attaqué plusieurs villages de la tribu Idnan. Il y a eu beaucoup d’exactions contre les civils. A l’époque, 60% de l’effectif de la CMA était parti faire le Ramadan dans leurs familles, dans les pays voisins. Ils sont de retour maintenant, et la CMA est à 100% de sa capacité opérationnelle. C’est cela qui explique cette envie de la CMA d’en découdre avec la Plateforme », analyse cette source onusienne.

Cette même source estime que, si rien n’est fait, les combats risquent de s’étendre vers la région de Gao, un autre bastion de la Plateforme. Ce jeudi 27 Juillet, le gouvernement a dépêché sur place Mahmoud Dicko, président du Haut conseil islamique, avec pour mandat de trouver un terrain d’entente entre les frères ennemis touaregs.

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