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Nigeria : une embuscade de Boko Haram contre une mission pétrolière fait plus de 50 morts

Par Jeune Afrique avec AFP

Des secouristes récupèrent le corps d'une victime de l'attentat-suicide menée par Boko Haram dans l'université de Maiduguri, en juillet 2017. © Makama Sule/AP/SIPA

Plus d’une cinquantaine de corps ont été retrouvés après une attaque menée mardi 25 juillet par Boko Haram contre une mission pétrolière dans le nord-est du Nigeria. Le bilan n'est pas encore définitif et les circonstances de l'embuscade, encore floues.

« Nous en avons maintenant plus de 50 et de nouveaux corps arrivent », a déclaré à l’AFP une source impliquée dans les suites de l’embuscade menée par le groupe jihadiste près de Magumeri. Celle-ci visait des gardes et une équipe de la Nigerian National Petroleum Company (NNPC), lesquels étaient accompagnés mardi de géologues de l’Université de Maiduguri, de retour d’une mission d’exploration.

Mais les circonstances de ce massacre ne sont encore très claires, en raison du strict contrôle de l’armée sur les accès à l’État de Borno, épicentre des violences de Boko Haram. De premiers éléments avaient fait croire  à une tentative d’enlèvement des membres de la mission. Jusqu’à ce qu’un secouriste basé à Magumeri, situé à 50 km au nord-ouest de Maiduguri, la capitale de l’État de Borno, ne déclare qu’à 19h00 (18h00 GMT), mercredi 26 juillet, 47 corps avaient été retrouvés dans la brousse autour de Magumeri.

Des civils, des vigiles et un soldat 

« Onze d’entre eux ont été grièvement brûlés lors de l’attaque, a-t-il détaillé. Ils ont été brûlés vifs dans leur véhicule, échoué dans un fossé. On les a enterrés là-bas parce qu’on ne pouvait pas les emmener à Maiduguri. »

« Ce soir [jeudi], on a retrouvé six nouveaux corps, dont celui d’un soldat, et il se pourrait qu’on en retrouve beaucoup plus parce que les équipes de secours fouillent partout aux alentours », a-t-il ajouté.

Un membre du personnel médical de l’Hôpital universitaire de Maiduguri (UMTH) a pour sa part déclaré à l’agence France presse : « Nous avons en ce moment 19 dépouilles de civils. Quinze d’entre eux étaient des vigiles [milice civile, ndlr] et quatre faisaient partie du personnel de l’hôpital ».

« D’autres personnels manquent »

Un syndicaliste enseignant de l’Université de Maiduguri, Dani Mamman, a confirmé à l’AFP la présence des quatre corps et précisé que deux d’entre eux étaient des enseignants. « Nous avons encore d’autres personnels manquants », a-t-il ajouté.

La production de pétrole au Nigeria est concentrée dans le delta du Niger (sud) depuis sa découverte en quantités commerciales en 1956. Mais les attaques et sabotages répétés de rebelles locaux revendiquant un meilleur partage des ressources ont poussé le gouvernement à prospecter ailleurs. Des explorations ont ainsi été lancées sur un territoire allant de l’État de Benue (centre) au nord-est où sévit Boko Haram.