Mali : 3,35 milliards d’euros promis pour le développement des régions du Nord

Boubou Cissé, le ministre malien de l'Économie et des Finances, dans son bureau à Bamako, le 08 juin 2016. © Sylvain Cherkaoui pour Jeune Afrique

Deux ans après la signature de l’accord de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés du Nord, Bamako lance un Plan de développement des régions du nord du pays, pour un coût global de 3,35 milliards d’euros. Le projet est ambitieux, mais pour l'instant seulement partiellement financé : 90% de l'enveloppe prévue reste à trouver.

Le 18 juillet dernier, le ministre malien des Finances, Boubou Cissé, a annoncé que le gouvernement malien avait mis en place une stratégie spécifique de développement des régions du Nord, sur une période de 10 à 15 ans et d’un coût global de 3,35 milliards d’euros. Ce fonds sera utilisé pour financer trois axes jugés stratégiques dans le nord du pays : l’amélioration de la gouvernance globale, le développement social – dont l’accès aux services sociaux de bases- et le développement économique et des infrastructures.

La déclaration du ministre a été suivie d’un atelier, qui s’est tenue du 18 au 20 juillet, lors duquel les cadres maliens et élus du Nord ont étudié, amendé puis adopté à l’unanimité ce plan stratégique.

Un plan similaire n’avait jamais trouvé ses financements

« Ce plan a pour objectif d’ici 10 à 15 ans de hisser les régions du Nord au même niveau de développement que les autres régions du Sud », a déclaré le ministre des Finances, Boubou Cissé. L’argent sera collecté entre autre par « des prélèvements obligatoires, de dons des Maliens et autres opérateurs économiques du pays », a-t-il détaillé, précisant que 10% du budget était déjà financé.

« C’est la première fois que les Maliens se retrouvent autour d’un plan stratégique pour le développement des régions du Nord », s’est pour sa part félicité Mohamed Ibrahim Cisse, vice-président du Conseil régional de Tombouctou. « Il y avait un plan développement des régions du Nord suite à la signature du Pacte national en 1992 qui contenait à peu près les mêmes points que ceux discutés aujourd’hui. Mais ce plan n’a jamais était financé », se souvient l’élu de Tombouctou.

Ce plan qui se situe dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, et bénéficie du soutien de l’ensemble des parties signataires. Mais au Mali, « les besoins sont immenses et les ressources sont limitées », reconnaît Alain Holleville, chef de la Délégation de l’Union européenne au Mali, qui fait figure de chef de file des bailleurs de fond internationaux dans le pays.

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