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RDC : un début d’année alarmant pour les droits de l’Homme selon l’ONU

Des soldats congolais à Kitumba (RDC), en 2013. © Joseph Kay/AP/SIPA

Exécutions sommaires, violences sexuelles, répression… En République démocratique du Congo, la situation des droits de l’Homme est en nette dégradation, d’après une note des Nations unies publiée le 25 juillet, qui dénonce la responsabilité des agents de l’État dans ce constat.

Sur les six premiers mois de l’année, près de 2 822 violations des droits de l’Homme ont été documentées par le Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH), soit une hausse de 20% par rapport à la même période en 2016. Dans le viseur de l’ONU : les agents de l’État congolais, responsables selon l’organisation de 58% des exactions répertoriées, ainsi que les combattants des groupes et milices armés qui pullulent en RDC. 

Signe de l’extrême délitement de l’état de droit en RDC, la note du BCNUDH recense au moins 591 exécutions extrajudiciaires, dont 35 femmes et 170 enfants, présumées commises par des agents de l’État. À elles seules, signale par ailleurs le document, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) seraient responsables du meurtre d’au moins 527 personnes, soit une augmentation de près de 42% par rapport au semestre précédent.

 

D’après le BCNUDH, ces exactions se concentrent dans les régions en proie à des conflits entre milices et forces armées. C’est le cas tout particulièrement dans les trois provinces du Kasaï, du Nord et du Sud-Kivu, et dans le Haut Katanga.

Au Kasaï, théâtre « d’une répression brutale et disproportionnée contre la milice de Kamwina Nsapu », la plupart des 42 fosses communes dénombrées au 30 juin 2017 (38 nouveaux charniers ont été recensés depuis par l’ONU) auraient ainsi « été creusées par des éléments des FARDC suite à des affrontements avec de présumés miliciens ». Malgré ces exactions, « peu d’efforts ont été engagés (par les autorités, NDLR) pour assurer des enquêtes crédibles et indépendantes », précise la note du bureau spécial.

« Un Congo bashing » pour Kinshasa

« Un vrai Congo bashing, dénonce au téléphone Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais suite à la publication du document du BCNUDH. Dailleurs, d’où sortent leurs chiffres ? Depuis la résolution du 23 juin, nous nous sommes entendu avec les Nations unies pour enquêter conjointement sous la supervision de la RDC. Les ambassadeurs des États-Unis et de la Grande-Bretagne nous ont même indiqué hier l’arrivée prévue le 3 septembre de trois experts internationaux. Mais il semblerait que le BCNUDH mène l’enquête de façon unilatérale. On se demande bien pourquoi… »

Autre sujet de préoccupation majeure pour les Nations unies : les violations systématiques des libertés publiques, qui demeurent à un niveau similaire à celui observé en 2016 (environ 430). Malgré plusieurs libérations, « plus de 170 personnes restent détenues du fait de leurs opinions politiques ou d’activités citoyennes légitimes », souligne la note. « Le BCNUDH appelle les autorités congolaises à lever les restrictions disproportionnées aux libertés publiques dans le but d’assurer un environnement propice à la tenue d’élections crédibles, libres et transparentes. »

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