RDC – Affaire Chebeya : plainte contre Mwilambwe confirmée au Sénégal

Floribert Chebeya, assassiné début juin 2010 à Kinshasa. © AFP

À la suite de la plainte déposée par la FIDH et les familles des victimes dans l'affaire Chebeya début juin, la justice sénégalaise a ouvert mardi une information judicaire à l'encontre Paul Mwilambwe, l'un des responsables présumés du double assassinat des défenseurs des droits humains congolais à Kinshasa, en 2010.

C’est une petite victoire pour la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) et les familles des victimes dans l’affaire Chebeya. Le 26 août, en vertu de sa compétence extra-territoriale, la justice sénégalaise a donné suite à leur plainte déposée début juin contre le policier congolais Paul Mwilambwe, qui résiderait aujourd’hui au Sénégal. Ce dernier était en charge de la sécurité du bureau du général John Numbi, chef de la police en RDC au moment de l’assassinat en 2010 de Floribert Chebeya, défenseur congolais des droits de l’homme, et de Fidèle Bazana, son chauffeur.

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"Des hautes autorités de la RDC impliquées"

"Nous nous réjouissons de la décision de la justice sénégalaise. C’est un symbole très fort pour lutter contre l’impunité sur le continent, a expliqué à Jeune Afrique Paul Nsapu, secrétaire général de la FIDH, qui a fait le déplacement à Dakar pour suivre l’évolution de la procédure. En RDC, rien de bon ne pouvait sortir de la parodie de justice mise en place, parce que des hautes autorités politiques et policières du pays, notamment le général John Numbi, sont impliquées dans ce double assassinat."

Après l’audition des parties civiles, mardi, Paul Mwilambwe, l’un des responsables présumés dans l’affaire Chebeya, sera également entendu "d’ici deux semaines maximum", croit savoir Paul Nsapu, qui espère également voir défiler devant la justice sénégalaise toutes les personnes impliquées dans l’affaire mais "qui circulent encore librement à Kinshasa, à Lubumbashi, voire à Kigali et en Afrique du Sud".

En attendant, l’affaire Chebeya continue d’être instruite en RDC. Une nouvelle audience est même convoquée le 29 août devant la Cour suprême de justice. Mais "les familles des victimes et les ONG n’ont plus confiance à une justice à la solde du pouvoir politique", confie Paul Nsapu.

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Par Trésor Kibangula