Sénégal : une série de violences émaille la campagne électorale

Des manifestants de l'opposition dispersés par la police à Dakar, le 14 octobre 2016. © Benjamin Roger/Jeune Afrique

Ces derniers jours, des violences ont éclaté à Dakar et dans ses environs en marge de la campagne électorale pour les législatives du 30 juillet, suscitant l’indignation des différents responsables politiques sénégalais.

Les témoins évoquent des gourdins, des couteaux, et même des armes à feu. Ce mardi 18 juillet, la situation a dégénéré à Rufisque, en banlieue de Dakar, entre les militants de la majorité et ceux de l’opposition. Ce jour-là, la caravane de la coalition présidentielle Benno Bokk Yakaar (BBY), conduite par le ministre de la Pêche Oumar Gueye, croise celle de la coalition d’opposition Manko Taxawu Senegaal, menée par Oumar Cissé. Selon différents médias locaux, des responsables de la sécurité de BBY auraient alors pris à partie leurs adversaires, provoquant la pagaille dans la ville mais sans faire de blessés.

Récurrence des violences

Des violences similaires avaient déjà éclatées quelques jours plus tôt dans différents quartiers de Dakar. Vendredi 14 juillet, une caravane de BBY vient battre campagne à Grand Yoff, le fief de Khalifa Sall, maire de la capitale et leader de la coalition Manko Taxawu Senegaal. Celle-ci est conduite par le ministre de la Jeunesse Mame Baye Niang et le chanteur Youssou Ndour, soutien du président Macky Sall. À peine arrivée, elle est ciblée par des jets de pierre de jeunes du quartier, forçant les deux responsables de BBY à fuir les lieux.

Quiconque voudrait mettre ce pays sens dessus dessous trouvera, sur son chemin, la loi dans toute sa rigueur

Le lendemain, rebelote, cette fois à la Médina, quartier populaire du centre de la capitale et bastion de Bamba Fall, fidèle lieutenant de Khalifa Sall. Comme à Rufisque, la caravane de BBY a croisé celle de Manko Taxawu Senegaal. Et comme à Rufisque, des violences ont éclaté entre les militants des deux camps, qui se sont affrontés à coups de pierres.

Condamnations en série

Ces incidents à répétition ont été dénoncés par la plupart des responsables politiques du pays, à commencer par le président de la République Macky Sall. « Les périodes électorales ne sont que des étapes dans la marche d’un pays. Il n’est pas question de les transformer en période de non droit où tout est permis. Quiconque voudrait mettre ce pays sens dessus dessous trouvera, sur son chemin, la loi dans toute sa rigueur », a déclaré le chef de l’État le 16 juillet.

De son côté, la coalition Manko Taxawu Senegaal a indiqué dans un communiqué que ces violences constituaient « une sérieuse menace en perspective de la tenue d’élections libres, démocratiques et transparentes, conformément à la volonté du peuple sénégalais ». Quant à Seydou Gueye, porte-parole du gouvernement et de l’Alliance pour la république (APR), le parti de Macky Sall, il a estimé dans une interview au journal Quotidien que ces violences étaient « condamnables, quel que soit le camp qui en est responsable ».

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