Le Burkina entame le retrait définitif de ses Casques bleus présents au Darfour

Par Jeune Afrique avec AFP

Un casque bleu se tient en surplomb de la base des Nations Unies à Djouba, la capitale du Soudan du Sud, en janvier 2016. © Jason Patinkin/AP/SIPA

Le contingent burkinabé présent au Darfour, dans l’ouest du Soudan, sera redéployé sur le territoire national afin de faire face à la menace terroriste.

« Le contingent burkinabè au Darfour a commencé son repli vers le Burkina Faso. Ces effectifs supplémentaires vont être utilisés pour la lutte contre le terrorisme dans la partie nord de notre pays », a ainsi déclaré à la presse le ministre de la Défense Jean-Claude Bouda.

Fort de 850 hommes, ce contingent participait depuis août 2009 à la mission hybride conjointe des Nations unies et de l’Union africaine au Darfour (Minuad). Leur retrait avait été annoncé en mai 2016, suite à l’attentat revendiqué par Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), qui avait fait 30 morts et 70 blessés.

Une première vague du bataillon Laafi 8 est arrivée mardi 18 juillet à Ouagadougou, tandis que d’autres arrivées sont prévues « chaque jour jusqu’au 22 juillet », a indiqué à l’AFP le directeur central des opérations de soutien, le colonel Yaya Séré.

« Il s’agit d’un retour définitif du bataillon. Il n’y a donc pas de relève prévue mais bien entendu nous maintenons la présence de notre unité de police constituée qui va toujours rester au Darfour », a-t-il précisé.

Pas de relève prévue

Le Burkina, qui dispose aussi de deux bataillons au Mali voisin où il est l’un des plus gros contributeurs de troupes au sein de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma), a également demandé le redéploiement d’un de ses contingents le long de sa frontière afin de mettre fin aux incursions de groupes jihadistes.

Le désengagement burkinabé au Soudan intervient alors que l’ONU a acté le 1er juillet une baisse de 7,2 % du budget alloué aux Casques bleus estimé à 7,87 milliards de dollars. Imposées par les États-Unis, ces économies auront un impact direct sur les effectifs de la Minuad, qui doivent être ramenés à un maximum de 8 735 militaires et 2 500 policiers au 31 janvier 2018, soit des baisses respectives de 44% et 30%.

Des réductions justifiées par « la diminution [dans la province du Darfour] des affrontements militaires entre les forces gouvernementales et les groupes rebelles », indiquait fin juin le projet de résolution onusien.