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RDC : inquiétudes dans le Nord-Kivu après l’annonce de la fermeture de cinq bases de la Monusco

Les Casques bleus patrouillent à Buniyampuli, dans l'est de la RDC. © Flickr/Monusco

La Monusco a annoncé mercredi la fermeture d'ici fin juillet de cinq de ses bases fixes au Nord-Kivu, dans l'est de la RD Congo. Une décision commandée par le nouveau mode opérationnel des Casques bleus, mais qui est loin de rassurer tout le monde.

Côté Monusco, on se veut plutôt rassurant. Son nouveau dispositif opérationnel ne serait justifié que pour des raisons d’efficacité. « Il comprend des patrouilles longues distances, des patrouilles de démonstrations de présence, la surveillance aérienne et un déploiement rapidement en cas d’incident de sécurité », explique la mission onusienne dans un communiqué rendu public, le 18 juillet, à Kinshasa.

Mais ce « changement de mode opérationnel » passe aussi par la fermeture à partir du 31 juillet de cinq bases fixes dans les territoires de Walikale (Walikale centre et Bunyapuri), de Masisi (Masisi centre et Nyabiondo) et de Lubero (Luofo). Toutefois, la Monusco « [veille] à continuer à remplir son mandat, c’est-à-dire qu’elle poursuit le soutien aux autorités congolaises dans la protection des civils », assure son représentant, Maman Sidikou.

Risque de recrudescence de l’insécurité ?

Côté société civile, c’est l’inquiétude. « Plusieurs ONG du Nord-Kivu estiment en effet que la Monusco ne devrait pas fermer ses bases fixes dans ces zones », soutient Juvénal Munubo, élu de Walikale, l’un des trois territoires concernés, qui dit « joindre sa voix à celle des militants de la société civile locale ».

« S’il est vrai que les rebelles rwandais des FDLR [Forces démocratiques de libération du Rwanda, NDLR] ont été repoussés vers le nord-est, il existe encore des groupes armés, surtout des Maï-Maï Guidon ou Sheka, actifs dans cette partie du pays », rappelle le député, membre de la commission en charge de la défense et de la sécurité au sein de l’Assemblée nationale.

« Avec cette fermeture annoncée des cinq bases fixes de la Monusco, je crains une recrudescence de l’insécurité dans le Nord-Kivu, prévient Juvénal Munubo. Il s’observe en effet une absence d’autorité de l’État dans plusieurs endroits de la région et ce sont ces bases qui faisaient offices d’une certaine présence d’une autorité. »

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