Procès Gdeim Izik au Maroc : la justice prononce des peines allant de 2 ans de prison à la perpétuité

Par Jeune Afrique avec AFP

Les forces de l'ordre marocaines démantèlent le camp de Gdeim Izik, près de Laâyoune, au Sahara occidental, le 8 novembre 2010. © AP/SIPA

Après un procès tendu, la Cour d'appel de Salé a rendu son jugement ce mercredi à l'aube. Elle a condamné 25 Sahraouis, accusés d'avoir tué onze membres des forces de l'ordre marocaines en 2010, à des peines de prison.

La justice marocaine a prononcé, ce mercredi 19 juillet, des peines allant de deux ans de prison à la perpétuité à l’encontre de 25 Sahraouis accusés d’avoir tué onze membres des forces de l’ordre marocaines en 2010, à l’issue du procès dit « de Gdeim Izik ».

Ce procès, ouvert en décembre devant une juridiction civile, revêtait un caractère sensible avec en toile de fond le dossier du Sahara occidental, dont le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, réclame l’indépendance. Le verdict a finalement été rendu à l’aube par la chambre criminelle de la Cour d’appel de Salé, près de Rabat, a rapporté l’agence de presse officielle MAP

Les 25 sahraouis avaient déjà été condamnés une première fois par un tribunal militaire marocain en février 2013 suite aux événements sanglants survenus dans le camp de Gdeim Izik près de Laayoune en 2010, faisant treize morts au total, dont 11 membres des forces de l’ordre marocaines. Les accusés avaient alors écopé de peines allant de vingt ans de prison à la perpétuité pour « constitution de bandes criminelles, violences sur les forces de l’ordre ayant entraîné leur mort avec préméditation et mutilation de cadavres ».

Un procès sensible

Ces lourdes condamnations avaient été épinglées par des ONG de défense des droits de l’Homme, qui avaient alors dénoncé un procès politique. Suite à une réforme de la justice militaire introduite par le Maroc en juillet 2015 et en vertu de laquelle les civils ne peuvent pas être jugés par un tribunal militaire – à moins que leurs crimes se soient déroulés en temps de guerre –, Rabat a décidé de faire comparaître ces Sahraouis devant une juridiction civile afin qu’ils soient rejugés. 

Depuis l’ouverture de ce procès au civil, les débats ont été marqués par des moments de grande tension aussi bien à l’intérieur de la salle d’audience qu’aux abords du tribunal. Les avocats des Sahraouis ont demandé l’application du droit humanitaire international à l’égard de leurs clients, tandis que les familles des victimes se sont constituées partie civile pour mieux se défendre.

Mardi 17 mai, les accusés ont décidé de se retirer du procès, mais les juges ont néanmoins décidé de poursuivre l’examen de l’affaire.

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici