Drame de Demba-Diop au Sénégal : le président de la FSF accuse les hooligans

Des spectateurs d'un match de football au stade de Demba-Diop de Dakar, où un mur s'est affaissé, le 15 juillet 2017 au Sénégal. © Seyllou/AFP

Trois jours après les violences qui ont provoqué la mort de huit personnes lors du match de la finale de la Coupe du Sénégal, samedi à Dakar, le président de la Fédération sénégalaise de Football revient pour Jeune Afrique sur les événements. Pour lui, les responsables sont les supporteurs aux comportements violents.

Samedi 16 juillet, huit personnes ont été tuées et plus d’une centaine d’autres blessées lors de violences en marge du match opposant le Stade de Mbour à l’US Ouakam, lors de la finale de la Coupe du Sénégal, au stade Demba-Diop de Dakar. Les témoignages affluent, permettant de préciser les circonstances qui ont conduit au drame, et le procureur de la République a assuré ce lundi qu’ «aucune piste ne sera négligée » dans l’enquête actuellement en cours. Le gouvernement a pour sa part suspendu toutes les manifestations sportives et culturelles jusqu’à la date des élections législatives, le 30 juillet prochain.

Augustin Senghor, a accepté de revenir pour Jeune Afrique sur ces graves incidents. Le président de la Fédération sénégalaise de Football (FSF), qui délègue l’organisation de la finale à la Ligue de football professionnel (LFP), veut que les hooligans soient plus durement sanctionnés.

Jeune Afrique : Avez-vous des informations sur le dernier bilan de ce drame ?

Augustin Senghor : Il est de huit morts et de 150 blessés, dont dix graves, mais dont la vie n’est pas en danger. Il s’agit surtout de fractures ou de gros hématomes. Beaucoup de blessés parmi les plus légers ont regagné leur domicile. Mais c’est un bilan terrible. Ce sont principalement les jeunes, entre 16 et 40 ans, qui ont été les plus touchés.

Où en est l’enquête, souhaitée par les plus hautes autorités de l’État ?

Elle avance. Les premières auditions ont été menées. Elles vont concerner les responsables de la sécurité, des forces de l’ordre, les représentants des deux clubs, du stade Demba-Diop, de la LFP – à qui la FSF délègue l’organisation de la finale. Mais la Fédération est totalement solidaire. Il est possible, aussi, que d’autres personnes soient entendues prochainement, pour déterminer les causes de ces terribles incidents.

L’US Ouakam a parmi ses supporteurs des gens très violents, de vrais hooligans

En savez-vous davantage sur ce qui les a provoquées ?

D’après les témoignages et les images que j’ai pu voir, il semble évident ce sont des supporteurs de l’US Ouakam qui, après le second but du Stade Mbour, ont commencé à lancer les projectiles sur des supporteurs adverses. Il y avait une zone tampon d’une trentaine de mètres entre les deux groupes. Les supporteurs de Mbour ont fui face aux jets de projectiles et à l’assaut lancé par des hooligans de Ouakam. Un mur de protection s’est effondré, ce qui a provoqué plusieurs décès et blessures plus ou moins graves.

Mais attendons la fin de l’enquête pour connaître les vrais responsables. L’US Ouakam a parmi ses supporteurs des gens très violents, de vrais hooligans. Il y a quelques années, en 2011, le club avait d’ailleurs été suspendu un an à cause d’incidents provoqués par eux.

Je ne pense pas que les responsables soient dans le camp des forces de l’ordre

Les forces de l’ordre ont-elles bien géré la situation ?

A ma connaissance, leur responsabilité ne semble pas engagée. Au Sénégal, il est fréquent de leur reprocher de faire trop de zèle, de faire usage de la force trop facilement. Je ne pense pas que les responsables soient dans le camp des forces de l’ordre.

Ce n’est pas la première fois que le Sénégal est confronté à la violence dans les stades de football…

C’est vrai. C’est un phénomène qui touche beaucoup de pays. Je ne pense pas que le Sénégal soit réputé pour être un pays violent. Mais il y a eu des excès inadmissibles par le passé, et ce qui s’est produit samedi dernier doit nous obliger à tout mettre en œuvre pour éradiquer ce fléau. Il faut prendre des mesures comme les interdictions de stade et aussi envisager de sanctionner pénalement, avec des peines exemplaires, ceux qui se livrent à des actes de violence dans les stades.

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