RD Congo : 11 gardes et une journaliste enlevés dans une réserve animalière

Par AFP

Des troupes ougandaises en patrouille à Drodro dans le nord est de la province de l'Ituri, le 11 avril 2003. © SAYYID AZIM/AP/SIPA

Onze gardes d'une réserve animalière et une journaliste américaine ont été enlevés par des miliciens dans le nord-est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris samedi auprès d'un responsable local.

« Onze écogardes et une journaliste américaine qui travaillent pour la Réserve de faune à okapis (RFO) ont été enlevés vendredi par des Maï-Maï Simba », a déclaré à l’AFP l’administrateur du territoire de Mambasa (province de l’Ituri), Alfred Bongwalanga.

« Onze de nos gardes parc de la RFO et une journaliste américaine manquent à l’appel, mais deux Britanniques et cinq autres gardiens ont réussi à s’échapper lors de l’attaque des Maï-Maï Simba », a déclaré un responsable de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) sous couvert de l’anonymat.

« Nous avons saisi l’armée et tous les services concernés. L’administrateur du territoire est aussi instruit pour que toutes les précisions nous soient données avant de nous prononcer sur ce sujet sensible », a déclaré pour sa part à l’AFP Pacifique Keta, vice-gouverneur de la province de l’Ituri.

Les Maï-Maï sont des groupes « d’autodéfense » constitués sur une base essentiellement ethnique. Pendant la deuxième guerre du Congo (1998-2003), nombre de ces groupes ont été armés par le pouvoir pour combattre les envahisseurs ougandais ou rwandais. Certains n’ont jamais désarmé.

« La réserve de faune à Okapis abrite de nombreuses espèces endémiques et menacées, dont un sixième de la population existante d’okapis (qu’on ne trouve qu’en RDC, NDLR). La Réserve protège un cinquième de la forêt d’Ituri », peut-on lire sur le site internet de RFO.

Le 24 juin 2012, les Mai-Mai Simba avaient été accusés d’avoir tué 15 okapis qui vivaient dans la réserve depuis 1987.

Riche en or, l’Ituri a été le théâtre de violences intercommunautaires attisées par des milices pendant la deuxième guerre du Congo (1998-2003), à laquelle a mis fin l’intervention militaire Artémis de soldats de l’Union européenne, essentiellement français.

L’Est congolais, constellé de groupes armés nationaux et étrangers, est déchiré par plus de vingt ans de conflits armés, alimentés par des différends ethniques et fonciers, la concurrence pour le contrôle des ressources minières de la région et des rivalités entre puissances régionales.

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