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Biens mal acquis : deux nouveaux proches de Sassou-Nguesso mis en examen en France

Par Jeune Afrique avec AFP

Le président congolais, Denis Sassou-Nguesso, en 2012. © Maxim Shipenkov/AP/SIPA

La justice française accélère le pas contre le clan du président congolais Denis Sassou-Nguesso : son neveu et son ex-belle-sœur ont été à leur tour mis en examen dans l'enquête sur le patrimoine de dirigeants africains en France.

Entendus mardi 11 juillet dans le bureau à Paris du juge financier Roger Le Loire, Edgar Nguesso et sa mère Catherine Ignanga ont été mis en examen pour « blanchiment de détournements de fonds publics » dans le dossier tentaculaire des « biens mal acquis », ont précisé des sources proches du dossier confirmant une information du Parisien.

A ce jour, cinq personnes de l’entourage du président congolais Denis Sassou-Nguesso ont été mises en examen (sa fille, son gendre, deux neveux et son ex-belle-soeur) et la justice a saisi plusieurs propriétés du clan des Sassou-Nguesso ainsi qu’une dizaine de voitures de luxe.

A notamment été saisi à titre conservatoire, en 2014, le triplex occupé par Edgar Nguesso, 49 ans, et sa famille, dans la banlieue cossue de Neuilly-sur-Seine, près de Paris, un appartement neuf de près de 400 m2, acheté 2 328 000 euros en 2008.

Un système de prête-nom

Edgar Nguesso et sa femme sont soupçonnés d’en être les véritables propriétaires par le biais d’une SCI M Immo, dont les fonds auraient été alimentés par une société-écran, CIPCI international, elle-même destinataire de virements en provenance de la Direction générale du trésor du Congo-Brazzaville, selon une source proche du dossier citée par l’AFP.

La mère d’Edgar Nguesso, Catherine Ignanga, 69 ans, est soupçonnée par la justice française d’avoir servi de prête-nom à cette société basée à San Marin, qui aurait permis de financer de nombreuses dépenses de la famille Sassou-Nguesso.

L’avocat du président congolais et de membres de son entourage, Jean-Marie Viala, a déposé en décembre 2016 une plainte avec constitution de partie civile contre l’association Transparency international, pour « tentative d’escroquerie au jugement ». Selon lui, la plainte de l’association qui avait débouché sur l’ouverture de cette enquête repose sur des éléments qui « ne sont pas conformes à la réalité » et « est donc illégale ».

Teodorín Obiang, premier jugé pour biens mal acquis

Depuis 2010, les magistrats cherchent à savoir si les fortunes de plusieurs familles présidentielles africaines, notamment celles de Denis Sassou-Nguesso du Congo-Brazzaville et de feu Omar Bongo du Gabon, ont pu être bâties en France grâce à des deniers publics détournés de ces pays.

Ces enquêtes ont débouché sur un premier procès, fin juin 2017, celui de Teodorín Obiang, le fils du président de Guinée Equatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. L’homme de 48 ans vient d’être jugé à Paris et sera fixé sur son sort le 27 octobre.

Le procureur a requis trois ans de prison et 30 millions d’euros d’amende contre Teodoro Nguema Obiang Mangue, dit Teodorín. Poursuivi notamment pour « détournement de fonds publics », « abus de confiance » et « corruption », l’accusé était resté à Malabo. En une décennie, des voitures et des montres de luxe avaient été saisies, et des perquisitions avaient eu lieu dans un hôtel particulier de l’avenue Foch, à Paris.