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Côte d’Ivoire : Abidjan active sa stratégie de blocage des prix

Des vendeuses sur un marché d'Abidjan, en 2015. © Schalk van Zuydam/AP/SIPA

La gouvernement ivoirien entame un virage dans la lutte contre la cherté de la vie. En conseil des ministres du 12 juillet à Abidjan, le chef de l'État a réactivé le dispositif de blocage des prix des denrées et produits de première nécessité

Introduit par Souleymane Diarassouba, le ministre du Commerce, des PME et de l’Artisanat, le gel des prix est conforme à l’article 3 de l’ordonnance de 2013,  prise par le Chef de l’État, et qui permet de réglementer et de bloquer les prix sur six mois. Le système permettra d’éviter des pénuries artificielles provoquées par certains acteurs de la chaîne de production pour doper les prix.

Les produits concernés par ce blocage des prix sont l’huile, le sucre, le riz et la tomate concentrée. Des denrées qui sont régulièrement l’objet de hausse de prix sur les marchés.

Riz : l’objectif de l’autosuffisance n’est pas atteint

Dans le domaine du riz, la Côte d’Ivoire n’est pas encore autosuffisante, malgré la mise en œuvre de la stratégie nationale de développement du riz lancée en 2012 et dont l’objectif était de parvenir à une autonomie de la consommation nationale dès 2016.

Mais, pour une consommation de 2,9 millions de tonnes, la Côte d’Ivoire n’a produit que 1,33 millions de tonnes et a dû importer 1,4 millions tonnes, selon les statistiques officielles.

Sucre : alléger le poids des cours internationaux

Dans le sucre, deux gros industriels, Sucrivoire, filiale du groupe Sifca, et Sucaf, filiale du français Somdiaa, sont les deux principaux industriels. Le gouvernement est conscient que les prix dépendront aussi des cours internationaux.

Nous interviendrons au niveau des nombreux intermédiaires qui agissent sur les marges car une grande partie de ces intermédiaires évoluent dans l’informel

« Notre stratégie est toute simple. Les prix de sortie d’usine resteront stables. Mais, nous interviendrons au niveau des nombreux intermédiaires qui agissent sur les marges car une grande partie de ces intermédiaires évoluent dans l’informel », a confié à Jeune Afrique, Souleymane Diarrassouba, le ministre du Commerce.

Installation du Conseil national de lutte contre la vie chère

Une batterie de mesure existe, notamment une représentation de surveillance des prix dans les 31 régions du pays, via des services délocalisés du ministère du Commerce, avec une adhésion des industriels et de la chaîne des acteurs.

Le gouvernement ne compte pas s’arrêter aux denrées. Il est aussi prévu l’encadrement des loyers et d’autres mesures sont à venir sur les transports. Le Premier ministre installera également, le 14 juillet, le Conseil national de lutte contre la vie chère.