La piraterie fait un retour en force au large de la Somalie

Par - À Maurice

Une opération de lutte contre le piratage dans le golfe d'Aden, en mars 2010. (illustration) © Cassandra Thompson, U.S. Navy/CC/Wikipédia

Face à la résurgence de la piraterie dans le Golfe d’Aden et dans le bassin somalien, le Groupe de contact sur la piraterie au large des côtes somaliennes (GCPSC) a appelé au maintien de la force navale européenne (EUNAVFOR). Le gouvernement somalien cherche également des moyens pour renforcer ses propres dispositifs sécuritaires.

L’accalmie a duré cinq ans, jusqu’à une série d’attaques en mars et avril dernier. Selon un document diffusé à la conférence de Maurice – à laquelle étaient présents plus de 200 représentants de gouvernements, d’institutions internationales et d’ONG, du 5 au 7 juillet -, la Force navale européenne a recensé six attaques de pirates somaliens entre le 13 mars et le 22 avril dernier. Le rapport précise que toutes les attaques, dont la plupart avaient pour but une prise d’otages, ont été déjouées et n’ont fait aucun blessé. Ce qui met en exergue, selon le document, l’efficacité des dispositifs de communication, d’alerte et de coopération internationale déployés depuis 2009 contre la piraterie maritime.

Simon Church, directeur du Centre de la sécurité maritime de la Corne de l’Afrique (MSCHOA), précise toutefois à Jeune Afrique, que « les pirates ne sont plus aussi organisés que dans le passé et que [les dernières attaques] sont plutôt l’oeuvre d’opportunistes ».

Faiblesses sécuritaires

Bien que moins violentes et structurées qu’auparavant, ces attaques reflètent la faiblesse sécuritaire en terre somalienne, selon le GCPSC pour qui le danger perdurera tant que la situation sécuritaire à l’intérieur de la Somalie ne sera pas maîtrisée.

D’où l’appel lancé par le gouvernement de Somalie à travers son ministre de la Pêche et des Ressources maritimes, Abdirahman Abdi Hashi. « Nous avons connu une guerre civile de 30 ans, toutes les institutions ont été anéanties. Nous recommençons a zéro et faisons des progrès avec la mise en place d’institutions pour la formation de cadres, pour faire respecter les lois et créer des garde-côtes ainsi qu’une force marine somalienne, » précise-t-il à Jeune Afrique.

Fin de la mission de la Force navale européenne

Les garde-côtes et la marine du pays, qui ne disposent que de 7 bateaux, estiment en avoir besoin d’une cinquantaine, ainsi que d’un centre de commande, pour pouvoir surveiller les eaux somaliennes. Le gouvernement de Somalie espère l’appui de la communauté internationale en la matière.

La mission « Ocean Shield », lancée en 2009 par l’OTAN, s’est terminée en juillet 2016. Quant-à la mission Atalante, menée depuis 2008 par la Force navale européenne et dont le mandat avait été prolongé en 2016, elle « expire en 2018 », rappelle Abdirahman Abdi Hashi. Et d’ajouter :« Nous préférons qu’elle ne revienne pas. Nous souhaiterions que ces ressources soient attribuées à la Somalie pour nous aider a bâtir notre force navale et notre capacité de surveillance. Nous préférons cette solution mais nous respecterons la décision qui sera prise. »

Lutte contre la piraterie et la pêche illégale

D’importants moyens de surveillance sont non seulement nécessaires à la Somalie pour réprimer la piraterie, mais aussi décourager la pêche illégale au large de ses côtes, qui occasionne des pertes annuelles estimées entre 400 millions et 1 milliard de USD.

La Commission de l’Océan Indien, qui prendra les commandes du GCPSC en janvier prochain, espère une mission plus large de l’EUNAVFOR. Elle a plaidé durant les travaux de Balaclava pour l’établissement d’une force navale européenne en appui à la région dans sa lutte contre le trafic de drogue, la contrebande, la destruction de l’environnement marin et la pêche illégale.

« La piraterie, comme les autres crimes, menaces et risques maritimes, ne connait pas les frontières ; c’est pourquoi la coopération est essentielle pour assurer la sécurité maritime et donc le développement serein de toute la région », a déclaré Vishnu Lutchmeenaraidoo, président de la COI et ministère des Affaires étrangères de Maurice.

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