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« The Story of O.J. » de Jay Z : le reflet de l’Amérique raciste

Capture d'écran du clip de « The Story of O.J. » de Jay Z © Youtube

Extraite de son nouvel album « 4:44 », sorti le 30 juin, le clip de « The Story of O.J. » dénonce la condition des Noirs aux États-Unis.

Ce morceau de Jay Z, où l’on notera le sample de la fameuse chanson Four Women de Nina Simone, raconte d’abord une histoire : celle de O.J Simpson, l’ancienne superstar du football américain. Surnommé The Juice, parce qu’il en avait toujours dans les jambes, O.J. semblait transcender les divisions raciales. À tel point qu’il eut un jour cette phrase : « Je ne suis pas noir, je suis O.J. »

Une success story brisée net en 1994 par l’accusation d’un double meurtre, pour laquelle il sera jugé, puis acquitté lors d’un procès retentissant, où la question raciale aura été centrale.

Toujours ramenés à leur couleur de peau

« Nègre riche, nègre pauvre, nègre de maison, nègre des champs, toujours nègre, toujours nègre… », entonne d’une voix lancinante Jay Z dans son refrain. À l’instar de O.J. Simpson, les Noirs américains seront toujours ramenés à leur couleur de peau, estime le rappeur originaire de New York.

Un éternel retour en arrière, auquel l’argent et le succès ne changent rien. Même lorsqu’on s’appelle Jay Z et que l’on est à la tête d’une fortune estimée à 810 millions de dollars. Et pourtant, quoi faire d’autre que de s’enrichir ? « La liberté financière, mon seul espoir / Putain, vivre riche et mourir ruiné », clame-t-il dans le morceau.

Un clip léché

Le morceau est servi par un clip léché, réalisé sous forme d’un dessin animé en noir et blanc par Mark Romanek et Jay Z lui-même. Sous les traits de Jaybo, un personnage à l’allure maussade, le rappeur déambule entre les champs de coton, les rangées de bonnets pointus du Ku Klux Klan ou dans les quartiers populaires de New York. Une plongée dans la condition noire aux Etats-Unis, où les personnages apparaissent sous des traits stéréotypés qui rappellent la série de cartoons racistes des Censored Eleven. Le procédé artistique rappelle la démarche du comédien africain-américain Bert Williams, qui reprenait à son compte le blackface pour mieux le dénoncer de manière tragique. 

Seul bémol à ce titre, ce passage où affleure un vieux cliché antisémite : « Vous voulez savoir ce qui est le plus important que de dépenser son argent dans un strip club ? Le crédit. Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi les Juifs détiennent la totalité des biens en Amérique ? Ils ont fait comme ça ». Des accusations auxquels le rappeur n’a toujours pas répondu.

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