RD Congo : un journaliste de la radio d’État tué dans l’Ituri

Par AFP

À Bunia, chef-lieu de l'Ituri. © T.J. Kirkpatrick/AP/SIPA

Un journaliste de la RTNC, la radio-télé d’État, a été tué mercredi 11 juillet à l'aube, à Bunia, capitale de la province de l'Ituri dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RD Congo).

« Un journaliste de la RTNC [Radio-télévision nationale congolaise, NDLR] a été tué vers 4h00 [2h GMT] par une personne non encore identifiée qui l’a assommé avec un objet contondant ayant causé sa mort », a déclaré à l’Agence France-Presse le vice-gouverneur de l’Ituri, Pacifique Keta.

« Notre confrère Banga Karaba de la RTNC a été tué par un inconnu qui s’était introduit dans sa parcelle à l’aube », a déclaré pour sa part Serge Karba, président de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) de l’Ituri, qui a décrété immédiatement « des journées sans radio et sans journaux mercredi et jeudi pour exiger toute la lumière sur ce meurtre ».

« La police et tous les services concernés sont mobilisés pour retrouver le tueur et connaître les raisons qui l’ont poussé à commettre ce crime », a ajouté Pacifique Keta.

« Sens de la mesure et de l’équilibre »

Karaba Banga était présentateur des informations en français à la radio publique à Bunia depuis plus de 20 ans et il est réputé pour son « sens élevé de la mesure et de l’équilibre », selon Serge Karba.

Il était de l’ethnie Hema, régulièrement en conflit avec l’ethnie rivale Lendu. Mais pour le vice-gouverneur Pacifique Keta, « il est prématuré de lier ce meurtre au conflit Hema-Lendu. Il faut attendre les résultats de l’enquête en cours ».

Riche en or, l’Ituri a été le théâtre de violences inter-communautaires attisées par des milices pendant la deuxième guerre du Congo (1998-2003), à laquelle a mis fin l’intervention militaire Artémis des soldats de l’Union européenne, essentiellement français.

En novembre 2016, Marcel Lubala, un journaliste de la même RTNC avait été tué par balles à son domicile, dans la province du Kasaï. « C’est le seizième journaliste tué en RDC en dix ans et trop souvent les auteurs et commanditaires ne sont jamais sanctionnés », déplorait alors Joseph Boucard Kasonga Tshilunde, qui présidait alors l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC).

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